Fermeture de la LGV Paris-Lyon pendant 4 jours pour la mise à niveau de l’ERTMS

L’un des axes ferroviaires les plus fréquentés d’Europe, la ligne à grande vitesse Paris-Lyon, sera fermée ce week-end pendant quatre jours pour permettre à la SNCF de poursuivre sa mise à niveau vers le nouveau système de signalisation européen ERTMS. La fermeture de cette ligne, qui représente un tiers de l’ensemble du trafic ferroviaire à grande vitesse en France, entraînera d’importantes perturbations ferroviaires. Bien qu’il s’agisse d’une étape importante dans ce projet de 820 millions d’euros, les trains ne passeront pas au système européen avant six ans. SNCF Réseau explique à RailTech ce qui se passe exactement et pourquoi c’est une si grande nouvelle pour le rail français.
La ligne à grande vitesse Paris-Lyon sera équipée de l’ERTMS, ce qui est une bonne nouvelle pour la France, qui est à la traîne par rapport à bon nombre de ses homologues européens en ce qui concerne le déploiement du système de signalisation européen. Obligatoire sur les principales lignes françaises dans un avenir proche, le déploiement devrait renforcer la sécurité le long des voies et, grâce à de meilleures fonctionnalités techniques, permettre une augmentation importante de la capacité.
C’est particulièrement important pour des lignes comme la liaison Paris-Lyon, qui accueille déjà en moyenne 240 trains par jour. Mais le déploiement est synonyme de difficultés initiales en raison de l’ampleur du changement de système. La SNCF a tenté de les minimiser, mais après cinq ans de travaux sur la ligne « sans impact pour les voyageurs », la ligne sera finalement fermée pendant quatre jours, du 9 au 12 novembre 2024.
Un nouveau centre, des postes d’aiguillage et beaucoup de câblage
« Nous allons déconnecter l’ancien centre de contrôle de Paris et reconnecter les aiguillages au tout nouveau centre de contrôle de Lyon », explique SNCF Réseau à RailTech. « C’est une opération complexe qui se fait en un temps record. En quatre jours, nous allons déconnecter, puis reconnecter et tester 57 000 fils contrôlant les 250 aiguillages de la ligne à grande vitesse. »
La SNCF est en train de l’équiper de l’ERTMS niveau 2, qui utilise une communication radio constante pour envoyer aux trains des informations de signalisation, ce qui permet de se passer des signaux en bordure de voie. Ce mois-ci, le projet franchira « une étape décisive » avec la mise en service de 58 nouveaux postes d’aiguillage. Avec 101 heures de travaux non-stop, 1 000 personnes seront mobilisées et 22 trains seront testés pour réaliser la première étape du basculement technologique de la ligne : le démarrage du centre de supervision « Mistral » à Lyon.
Une étape cruciale
Tous les postes d’aiguillage seront gérés à distance depuis le nouveau centre de contrôle centralisé « Mistral » de Lyon. « Après plus de deux ans de travail acharné sur ce projet, je suis ravi de voir la mise en service imminente du centre de trafic sud-est dans le cadre du projet LGV+ », a déclaré Romain Baralon, chef de projet, sur LinkedIn.
Décrivant son intégration dans le projet, M. Baralon a déclaré que ce week-end serait une « étape cruciale » : « Malgré les défis et les efforts intenses, savoir que cette mise en service transformera la performance de la ligne et permettra d’accueillir plus de TGV est extrêmement gratifiant. »
« L’excitation est palpable sur l’ensemble du site en Île-de-France, en Bourgogne et en Auvergne-Rhône-Alpes en particulier », a ajouté Antoine Savary, chef de projet. « Les équipes de travaux et d’essais sont sur le pont pour ajuster chaque détail des dernières campagnes d’essais et s’assurer que tout est prêt pour cette opération hors du commun. Plus de 100 installations de signalisation et d’exploitation seront modifiées pendant la phase de mise en service de Lille à Marseille, en passant par Paris, la Moselle, Dijon, Lyon, Moirans, etc. Du jamais vu pour SNCF Réseau, qui s’apprête à vivre une avancée majeure pour le ferroviaire ».
Hitachi et Alstom à l’œuvre
Dans les cartons depuis des années, les 820 millions d’euros de travaux sur la ligne, principalement financés par SNCF Réseau mais aussi par la Commission européenne à hauteur de 120 millions d’euros, ont porté sur la modernisation de la signalisation et des postes d’aiguillage, la centralisation de la supervision de la ligne, l’augmentation de la puissance électrique et l’amélioration des infrastructures d’arrivée à Paris et à Lyon.
Hitachi Rail et Alstom, ainsi que le consortium Setec Ferroviaire, ont été chargés des travaux en 2019. Le premier a reçu 129,3 millions d’euros pour le déploiement de sa technologie Computer-Based Interlocking (CBI) le long de la ligne, tandis qu’Alstom et le consortium ont obtenu un contrat de 50 millions d’euros de SNCF Réseau pour la fourniture du système Atlas ERTMS Level 2.
La SNCF a tenu à souligner qu’une opération de cette ampleur, alors que la ligne a été exploitée pendant la quasi-totalité de son installation, est « une première mondiale ».
Augmenter la capacité avec un minimum de nouvelles infrastructures
Cependant, comme l’explique la SNCF à RailTech, « après les travaux de ce week-end, nous entrons dans une phase importante de ce grand projet, qui conduira à terme à une augmentation du trafic, mais pour l’instant le système de signalisation TVM sera toujours utilisé ». La compagnie précise que d’autres opérations devront alors être menées, sans interruption du trafic, jusqu’en 2030, « où nous pourrons faire circuler 25 % de trains en plus sur la ligne ».
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