Ouverture du premier dépôt privé de trains à grande vitesse en France, alors que Velvet se prépare pour son lancement en 2028
LISEA, concessionnaire privé de lignes TGV, va construire le premier dépôt de maintenance indépendant de France sur la ligne Tours-Bordeaux, en investissant plus de 200 millions d’euros dans le projet. Le nouveau site de Marcheprime desservira les trains Velvet de Proxima, le premier service national à grande vitesse entièrement privé du pays, à partir de 2028. Il s’agit d’une étape importante dans la rupture du contrôle de la SNCF sur l’infrastructure de maintenance du matériel roulant.
La France s’apprête à se doter de son tout premier dépôt de trains à grande vitesse exploité par le secteur privé, ce qui constitue une étape importante dans la libéralisation du secteur ferroviaire, étroitement contrôlé dans le pays. LISEA, le concessionnaire privé de la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux, a confirmé qu’il investirait plus de 200 millions d’euros dans un nouveau centre de maintenance et de stabulation des trains à Marcheprime, au sud de Bordeaux. L’installation, dont l’ouverture est prévue pour la fin de l’année 2027, servira de base opérationnelle à Velvet, le nouvel opérateur en libre accès lancé par la start-up ferroviaire française Proxima.
« En 2024, nous avons accueilli 22 millions de passagers sur la ligne Sud-Europe Atlantique, mais plus de 2 millions de personnes n’ont toujours pas pu voyager parce que l’offre n’était pas là », a déclaré Lionel Epely, PDG de LISEA, dans une vidéo de lancement.
Le dépôt est conçu pour combler une lacune de longue date sur le marché ferroviaire français : l’absence de sites de maintenance indépendants non contrôlés par la SNCF. Avec 28 000 mètres carrés d’espace couvert sur deux halls de 200 mètres, il desservira les trains à grande vitesse, les trains conventionnels et même les trains de travaux – mais surtout, il fonctionnera en dehors de l’orbite de la SNCF.
« Ce nouvel atelier contribuera à l’ouverture du marché en répondant à une demande des opérateurs : disposer d’un outil de maintenance qui leur permette de maîtriser leur activité », déclare Mathieu Chabanel, directeur général de SNCF Réseau.
Velvet fait ses premiers pas dans le privé
Velvet sera le premier client du dépôt. L’opérateur, soutenu par Antin Infrastructure Partners et dirigé par Rachel Picard, ancienne directrice générale de SNCF Voyageurs, vise un lancement en 2028 avec 12 trains Alstom Avelia Horizon dans une livrée verte et lilas personnalisée. La flotte de trains à grande vitesse à deux étages desservira initialement les lignes entre Paris et Bordeaux, Rennes, Nantes et Angers – certains des corridors français les plus fréquentés et les plus disputés sur le plan commercial.
« Velvet est un nouvel opérateur ferroviaire en France, la première société indépendante à avoir commandé une flotte de trains à Alstom – 12 rames Avelia Horizon – qui, à partir de 2028, reliera Bordeaux, ainsi qu’Angers, Nantes et Rennes à Paris. Ils seront entretenus ici, à Marcheprime », explique Timothy Jackson, cofondateur de Velvet. « Nous aurons bientôt une équipe basée dans la région, ce qui symbolise aussi notre ancrage local. Nous avons dévoilé notre marque et nos trains – et aujourd’hui, nous sommes très heureux que LISEA dévoile l’installation de maintenance ».
Conçu dans un souci d’intégration environnementale, le dépôt est également le premier bâtiment industriel de Nouvelle-Aquitaine à obtenir la certification BDNA. Il utilise des façades en bois, des plafonds en fibre de lin et des éléments structurels en matériaux mixtes, et a été conçu pour se fondre dans le paysage environnant, près de Bordeaux.
Mais la véritable importance de Marcheprime réside dans le fait qu’il s’agit de la première véritable infrastructure ferroviaire indépendante à grande vitesse en France, un pays où la SNCF contrôle encore non seulement les voies et les gares, mais aussi la quasi-totalité du matériel roulant et des installations de maintenance du TGV. Alors que les règles de l’UE imposent l’accès au marché pour les nouveaux entrants depuis 2021, la mainmise de SNCF Réseau sur l’attribution des sillons et les dépendances opérationnelles des nouveaux entrants à l’égard de SNCF Voyageurs restent des obstacles majeurs pour les nouveaux venus en France.
L’arrivée du dépôt constituera un défi majeur pour cette dynamique. Elle donne à Velvet – et potentiellement à d’autres candidats à la grande vitesse – un point d’ancrage dans une partie du marché précédemment enfermée dans la structure verticalement intégrée de la SNCF, avec une véritable indépendance matérielle pour les opérateurs non historiques. Pour l’instant, il ne s’agit que du Sud-Ouest de la France, mais le projet de LISEA pourrait servir de modèle pour d’autres opérations de maintenance confiées à la SNCF dans l’ensemble du pays. En fait, la libéralisation s’annonce non seulement pour les voies ferrées françaises, mais aussi pour les dépôts.
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