La SNCF signe un important contrat de soutien FRMCS avec Kontron, alors que la France se prépare à l’abandon du GSM-R

SNCF Réseau a signé un contrat à long terme de plusieurs millions d’euros avec le fournisseur autrichien de télécommunications Kontron afin de préparer son réseau ferroviaire national au système FRMCS basé sur la 5G. Cet accord vise à maintenir les communications ferroviaires essentielles de la France pendant la transition du GSM-R et à l’aider à respecter l’échéance de 2035 fixée par l’UE pour l’abandon progressif de la technologie 2G.
SNCF Réseau a attribué un contrat d’un montant de trois chiffres à Kontron Transportation, spécialiste autrichien de l’IdO et des télécommunications, afin de soutenir à long terme le réseau français de télécommunications ferroviaires pendant la transition du GSM-R au futur système de communication mobile ferroviaire (FRMCS).
Même sans chiffre précis, l’ampleur du contrat représente un investissement majeur pour les normes de télécommunications et un approfondissement significatif du rôle de Kontron dans le secteur ferroviaire français. En vertu de l’accord, la société contribuera à faire évoluer le réseau central de la SNCF pour le FRMCS – y compris des systèmes plus résilients pour prévenir les pannes, des capacités unifiées de voix et de données, et des outils alimentés par l’IA pour gérer des opérations complexes.
« Nous travaillons en étroite collaboration avec la SNCF depuis plus de deux décennies », a déclaré Richard Neussl, directeur général de Kontron, lors de l’annonce de l’accord. « Ce contrat à long terme marque une nouvelle étape dans le soutien de la transition vers le FRMCS et les réseaux ferroviaires numériques de l’avenir. Le GSM-R devant être progressivement abandonné dans toute l’Europe d’ici à 2035, l’accord intervient à un moment critique, car une grande partie du travail préparatoire au déploiement du FRMCS en France n’en est qu’à ses débuts.
Préparer le terrain pour la FRMCS
Le passage progressif de la SNCF au système FRMCS marquera un changement fondamental dans la manière dont le réseau ferroviaire français fonctionne, en remplaçant le GSM-R vieillissant basé sur la technologie 2G par un système de nouvelle génération conçu pour un chemin de fer entièrement numérique, comprenant l’échange de données en temps réel, l’exploitation automatisée des trains et une capacité de communication beaucoup plus importante – ce qui signifie plus de capacité pour les trains.
Mais cette évolution nécessite une refonte complète de l’infrastructure sous-jacente – et c’est là que Kontron entre en jeu. La société maintiendra le système principal de communications mobiles de la SNCF tout en l’améliorant progressivement pour qu’il réponde aux normes FRMCS. Il s’agit notamment d’assurer un backbone IP robuste et redondant et de déployer des systèmes pilotés par l’intelligence artificielle pour gérer des réseaux de plus en plus stratifiés.
Kontron a déjà travaillé en région parisienne, en partenariat avec Ribbon Communications en 2022 pour moderniser certaines parties du réseau fédérateur de télécommunications de la SNCF. Ce contrat portait sur le remplacement des anciens systèmes optiques par une infrastructure de nouvelle génération plus rapide, capable de transporter à la fois la voix et les données – une étape clé vers la préparation à la FRMCS. Bien que le nouveau contrat ne couvre pas l’accès radio – l’équipement de terrain 5G au cœur de la technologie – il consolide la place de Kontron en tant qu’intégrateur de systèmes à long terme et partenaire technologique dans le virage numérique de la SNCF.
« La continuité et la sécurité de nos communications ferroviaires sont essentielles à l’exploitation du réseau national », déclare Sylvie Rerolle, directrice des télécommunications de SNCF Réseau. « Ce contrat de support à long terme avec Kontron Transportation nous assure une couverture jusqu’au déploiement complet du futur système FRMCS ».
La France se prépare à l’ère post-GSM-R
La France a certes commencé à poser les jalons de FRMCS, mais le chemin est encore long et le temps presse. Comme le reste de l’Europe, elle est confrontée à l’échéance de 2035 pour l’abandon du système 2G sur lequel reposent les communications ferroviaires depuis plus d’une décennie. SNCF Réseau participe actuellement à plusieurs grands projets pilotes – dont 5G-RAIL, 5G-RACOM, MORANE 2 et R2 DATO – visant à tester les éléments fondamentaux de la nouvelle norme.
Au début de l’année, le gestionnaire d’infrastructure a pris le contrôle total du réseau GSM-R après 15 ans de partenariat public-privé Synerail. Il assume désormais l’entière responsabilité de la maintenance de l’ancien système et de la préparation de son remplacement. Le nouveau contrat de Kontron, signé quelques mois seulement après le transfert, est un élément clé de cette stratégie, car il garantit que l’infrastructure de base peut être progressivement mise à niveau pour répondre aux exigences de la FRMCS.
Le déploiement national en France est désormais prévu pour 2030, les premières coupures du GSM-R étant attendues à partir de 2032. En permettant la surveillance en temps réel, l’automatisation et l’intégration avec d’autres services ferroviaires numériques, le passage au FRMCS promet en effet de simplifier les opérations et de réduire les coûts. Mais pour concrétiser cet avenir, il faudra beaucoup d’investissements et de travail, en particulier dans les environnements où la sécurité est essentielle et où la technologie doit être rigoureusement testée. Pour l’instant, la SNCF est confrontée au défi complexe de faire fonctionner les deux systèmes en parallèle, et son accord avec Kontron est, en fin de compte, un acompte sur l’épine dorsale numérique du chemin de fer de demain.
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