Rapport de l’UE : le train à grande vitesse croît de 10 % alors que l’Europe augmente ses dépenses d’infrastructure
Le réseau ferroviaire européen à grande vitesse s’est étendu de plus de 1 000 km en quatre ans, les pays de l’UE ayant augmenté leurs dépenses en infrastructures ferroviaires à des niveaux records, selon le neuvième rapport de suivi du marché ferroviaire de la Commission européenne. Cependant, tout n’est pas rose, car la part modale du rail est toujours à la traîne, et en baisse pour le fret.
Entre 2018 et 2022, les investissements de l’UE dans les infrastructures ferroviaires ont fortement augmenté, passant de 38,7 milliards d’euros à 50,8 milliards d’euros. Les dépenses ont été réparties presque équitablement entre l’entretien, les renouvellements, les mises à niveau et les nouvelles constructions. Par habitant, le coût des chemins de fer – y compris les compensations pour les infrastructures et les obligations de service public – a atteint 178,31 euros par résident de l’UE, soit une augmentation de 29 % par rapport à 2018.
L’infographie ci-dessous montre l’augmentation des dépenses d’infrastructure ferroviaire. Les dépenses n’ont pas été ajustées en fonction de l’inflation, et la Commission note que l’inflation a absorbé une grande partie de l’augmentation, limitant ainsi son impact sur le terrain.
Le réseau à grande vitesse dépasse les 12 000 km
Le réseau ferroviaire à grande vitesse de l’UE s’est agrandi de près de 1 100 km entre 2018 et 2022, soit une augmentation de 10,4 % qui porte sa longueur totale à plus de 12 000 km. Cette expansion reflète un engagement clair à offrir aux passagers des alternatives plus rapides et plus durables au transport aérien et routier.
Sur l’ensemble du réseau, l’UE disposera d’environ 202 000 km de lignes ferroviaires en 2022, dont 57 % seront électrifiées, ce qui témoigne des progrès accomplis mais souligne également l’ampleur du travail à accomplir pour atteindre les objectifs de décarbonisation.
Le rail reste le champion de l’écologie
Le rail reste le principal mode de transport le plus écologique. En 2022, il n’était responsable que de 0,3 % des émissions de gaz à effet de serre liées aux transports dans l’UE, alors qu’il transportait 8,1 % des passagers et 16,6 % du fret dans l’Union.
Malgré ces bons résultats, des défis persistent. Le rapport cite le vieillissement des infrastructures, la pénurie de personnel, la congestion et la lenteur du déploiement de systèmes numériques tels que l’ERTMS comme autant d’obstacles à la croissance.
Des volumes de trafic proches des niveaux prépandémiques
Si l’infrastructure domine les conclusions, le rapport montre également que le rail a su rebondir après la pandémie. Le trafic de passagers, qui s’est effondré de 46 % en 2020, s’est redressé pour atteindre 395,5 milliards de passagers-kilomètres en 2022, soit environ 96 % des niveaux de 2019. Le fret ferroviaire, qui a connu une baisse plus modérée pendant la crise, est presque revenu aux volumes d’avant la pandémie, soit 416 milliards de tonnes-kilomètres.
La concurrence remodèle le marché
Les politiques d’ouverture des marchés de l’UE ont continué à stimuler la concurrence. En 2022, les nouveaux entrants représentaient 49 % du fret ferroviaire, 21 % des services publics de transport de passagers et 12,6 % des services commerciaux de transport de passagers. La Commission associe cette tendance à l’élargissement du choix, à la baisse des tarifs et à l’amélioration de la qualité du service pour les passagers.
La part modale reste en retrait et diminue pour le fret
La part modale du rail, qui s’élevait à 7,8 % en 2019, a diminué de 2,4 points de pourcentage en 2020, car davantage de personnes se sont tournées vers la voiture particulière pendant la période de transition. Toutefois, en 2022, elle a rebondi à 8,1 %, dépassant les niveaux d’avant la pandémie. Dans l’ensemble, la part modale du rail dans le transport de passagers a légèrement augmenté, passant de 7,8 % en 2018 à 8,1 % en 2022, dépassant les niveaux prépandémiques.
Toutefois, la voiture reste le mode de transport dominant, avec une part de 82,4 %.
Pour le fret, les chiffres sont moins brillants. La part modale du rail dans le transport terrestre de marchandises a diminué de 18,7 % à 17,2 % entre 2018 et 2022.
Le transport routier est resté le mode de transport de marchandises dominant, dépassant régulièrement 75 % de la part totale du transport terrestre de marchandises en tonnes-kilomètres et culminant à 77,7 % en 2022. Au cours de la même période, la part modale du transport ferroviaire a diminué, passant de 18,7 % à 17,2 %, ce qui indique un glissement continu vers le transport routier, bien que le transport ferroviaire intermodal se soit relativement mieux comporté que le transport de matériaux en vrac et de wagons isolés. Le déclin global a été particulièrement prononcé en Lettonie, en Estonie et en Lituanie, où les volumes de fret ont chuté de manière significative en raison de la réduction des échanges avec la Russie.
Le rapport présente le rail comme un élément central du « Green Deal » européen et de la stratégie pour une mobilité durable et intelligente. Pour les années à venir, la bonne nouvelle est que la Commission européenne a proposé de doubler son budget pour les infrastructures de transport pour la période 2028-2034, en mettant de côté 51,5 milliards d’euros dans le cadre de la prochaine Facilité pour l’interconnexion en Europe (CEF). Le rapport de suivi du marché prévient toutefois que des progrès durables dépendent de la transformation des chiffres d’investissement en améliorations réelles.
Les précédents rapports de suivi du marché :
- 2023
- 2021
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