Des comptes à régler

Les syndicats français s’unissent pour la grève du 2 octobre, les perturbations prévues étant pires que celles du « jeudi noir ».

France is bracing for another major rail strike.
France is bracing for another major rail strike.

Les syndicats français du rail se préparent à une grève nationale le 2 octobre, annonçant des perturbations plus importantes que lors de la manifestation du mois dernier. Les quatre fédérations de la SNCF étant désormais unies, l’action devrait toucher les services TGV plus durement qu’en septembre.

La France est confrontée à une nouvelle grève nationale le jeudi 2 octobre, les syndicats des chemins de fer du pays mettant en garde contre des perturbations plus importantes que lors du précédent débrayage du mois dernier. Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF – CGT Cheminots, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT Cheminots – ont lancé un appel commun à débrayer, laissant entrevoir la perspective d’annulations généralisées dans les services de banlieue, régionaux et à grande vitesse.

La grève intervient moins de deux semaines après que plus d’un demi-million de personnes sont descendues dans la rue au niveau national, selon les chiffres de la police, et jusqu’à un million selon les syndicats. Cette action, baptisée « jeudi noir » par la presse, avait paralysé les lignes de banlieue à Paris et en région parisienne, touché les services Intercités et TER, mais avait tout de même permis à 90 % des TGV de circuler. Cette action s’est déroulée une semaine seulement après que lesmanifestations « Tout bloquer », plus improvisées, aient arrêté les trains dans toute la France.

Toutes les fédérations s’étant ralliées aux revendications sectorielles de la SNCF (augmentation des salaires, défense des droits collectifs face à la concurrence et aux restructurations), les syndicats estiment que les perturbations du trafic à grande vitesse pourraient être beaucoup plus importantes cette fois-ci.

Les syndicats s’unissent

« Grâce à notre mobilisation, nous avons une occasion unique d’imposer le changement… les fédérations ferroviaires appellent à une participation massive, par la grève et dans la rue », déclarent les quatre syndicats dans un tract commun publié la semaine dernière. Ils dénoncent ce qu’ils décrivent comme l’austérité devenant « la règle » au sein de la SNCF, avertissant que les droits collectifs des travailleurs sont menacés par la libéralisation et la fragmentation de l’entreprise.

Les membres du syndicat SUD RAIL manifestent à la Gare de Lyon pendant le mouvement « Block Everything ». © Vincent Koebel/NurPhoto/Shutterstock/ANP

Les syndicats demandent une augmentation générale des salaires et des primes pour reconnaître les qualifications et les compétences techniques, la fin de l’externalisation et de la fragmentation, des investissements à long terme dans le fret ferroviaire public et des mesures de sécurité urgentes. Julien Troccaz, secrétaire fédéral de SUD-Rail, a déclaré à BFMTV : « C’est le moment de frapper très fort, on a des comptes à régler ».

Le gouvernement poursuit l’austérité

Le Premier ministre Sébastien Lecornu, un allié de longue date de Macron nommé le mois dernier après que le gouvernement de François Bayrou se soit effondré suite à l’échec d’un vote de confiance, a rencontré les dirigeants de l’intersyndicale le 24 septembre. Les discussions ont été interrompues sans accord. La CFDT a qualifié la réunion d' »occasion manquée », tandis que la CGT a déclaré que les promesses de changement « ne peuvent pas être que des mots ». M. Lecornu a indiqué qu’il poursuivrait la trajectoire budgétaire du gouvernement, insistant sur le fait que les finances publiques doivent rester « crédibles » face à la pression des agences de notation.

Les responsables des transports ont prévenu les voyageurs qu’ils devaient s’attendre à d’importantes difficultés à Paris et en Île-de-France. La RATP a confirmé que le fonctionnement du métro et du RER serait perturbé, en particulier sur les lignes non automatisées, tandis que la SNCF a déclaré qu’elle publierait son plan de transport adapté à 17 heures le 1er octobre, comme l’exige la loi. Elle conseille aux voyageurs de consulter l’application SNCF Connect pour connaître les annulations et les réductions d’horaires.

Pourquoi le 2 octobre s’annonce plus difficile

La principale différence par rapport au 18 septembre est l’ampleur et le militantisme de l’appel à la grève de la SNCF. À l’époque, la participation était forte parmi les conducteurs de trains de banlieue, Intercités et TER, mais limitée parmi les équipes de TGV, ce qui a permis à la plupart des trains à grande vitesse de continuer à circuler. En revanche, cette fois-ci, les quatre syndicats soutiennent la grève avec des revendications sectorielles centrées sur les travailleurs du rail eux-mêmes, plutôt que sur des questions plus générales liées aux retraites ou au droit du travail. Il est donc plus probable que les TGV soient fortement perturbés.

La grève s’inscrit également dans le cadre d’un mouvement de protestation interprofessionnel plus large, qui touche tous les secteurs, y compris l’éducation et les soins de santé, contre le programme de réforme du gouvernement. Dans le secteur ferroviaire, cependant, le discours des syndicats s’est durci, soulignant ce qu’ils appellent l’érosion des garanties collectives dans le cadre de l’ouverture du marché et la nécessité d’une rupture à l’intérieur même de la SNCF. Et comme le soulignent les syndicats, le gouvernement français « n’a jamais été aussi fragile ».

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Auteur: Thomas Wintle

Source: RailTech.com

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