Farandou va au gouvernement

Le patron de la SNCF rejoint le fragile gouvernement français pour mener les négociations sur la réforme des retraites

SNCF's Farandou joins the French government. Shutterstock

Jean-Pierre Farandou, directeur de la SNCF, a rejoint le nouveau gouvernement du Premier ministre Sébastien Lecornu en tant que ministre du Travail. La nomination de ce vétéran du rail intervient dans un contexte d’impasse politique, où il devrait jouer un rôle central dans la réouverture des négociations sur la réforme très contestée des retraites d’Emmanuel Macron en 2023.

Jean-Pierre Farandou, patron de la SNCF, a été nommé ministre du Travail et de la Solidarité dans le second gouvernement du Premier ministre Sébastien Lecornu, a annoncé ce dernier dimanche soir – quelques jours seulement après que M. Lecornu a démissionné de son premier gouvernement dans un contexte de chaos parlementaire.

Pour le secteur ferroviaire français, cette nomination marque la fin d’une longue période de transition à la SNCF et le début d’une période politique. M. Farandou assurait l’intérim depuis mars 2024, après que le gouvernement a refusé de renouveler son mandat, mais n’a pas réussi à lui trouver un successeur au cours des mois de paralysie politique qui ont suivi les élections anticipées. La décision de le garder a ensuite été prolongée jusqu’aux Jeux olympiques de Paris 2024, afin d’assurer la continuité pendant l’une des périodes opérationnelles les plus chargées de l’histoire de la société. En juin, il a confirmé qu’il resterait en poste au-delà de l’âge de la retraite, plaisantant sur le fait qu ‘ »il n’y a pas de limite d’âge pour un PDG par intérim ».

Son entrée au gouvernement met officiellement fin à son mandat à la SNCF, la loi française interdisant le cumul d’un poste ministériel et d’une fonction exécutive dans une entreprise publique. Son arrivée au gouvernement intervient également alors que l’administration Macron est confrontée à une pression croissante pour revoir la réforme des retraites de 2023 – l’une des politiques les plus controversées du président – et que l’ancien chef des chemins de fer est désormais prêt à diriger les négociations sur cette question qui pourrait faire ou défaire le nouveau gouvernement fragile de la France.

De négociateur de crise à ministre

Farandou, 68 ans, est connu pour son approche mesurée et conciliante des relations de travail et sa volonté de dialogue avec les syndicats – des qualités qui ont marqué ses six années à la tête de la SNCF. Ingénieur des mines de formation et fils d’instituteur, il est entré à la SNCF en 1981 et a gravi les échelons de la direction régionale et de la direction de la grande vitesse avant de devenir PDG en 2019.

Sa nomination en tant que ministre du travail est largement perçue comme une tentative du gouvernement de rouvrir le dialogue avec les syndicats et de désamorcer les tensions sociales autour de la réforme des retraites. Lorsqu’il était à la SNCF, M. Farandou a signé en 2024 un accord sur les arrangements de fin de carrière pour les cheminots afin d’éviter les grèves aux Jeux olympiques. Cet accord a été salué pour avoir permis d’éviter les perturbations, mais a été critiqué par la droite, qui l’a qualifié de « contournement » de la loi nationale sur les retraites.

Alors même que son propre poste à la SNCF était en suspens, M. Farandou a passé une grande partie de l’année 2025 à avertir que l’entreprise se trouvait à la croisée des chemins. Il a demandé à plusieurs reprises à l’État d’augmenter d’un milliard d’euros par an le financement des infrastructures de SNCF Réseau, estimant que les niveaux d’investissement actuels étaient insuffisants pour empêcher une « spirale de dégradation ».

Castex devrait reprendre la SNCF

Le passage de M. Farandou au gouvernement ouvre la voie à Jean Castex, ancien Premier ministre, actuel PDG de la RATP et confident de longue date de M. Macron, pour prendre la présidence de la SNCF – un transfert attendu depuis longtemps mais maintes fois retardé dans le contexte de l’impasse politique générale de la France.

Le gouvernement Lecornu II est désormais confronté à un délicat exercice d’équilibre : rétablir la discipline budgétaire exigée par Bruxelles tout en contenant l’agitation nationale sur les retraites et l’austérité. Mais sa survie est loin d’être garantie. Les deux blocs d’opposition au Parlement ont promis de faire avancer un vote de défiance, tandis que le Rassemblement national d’extrême droite demande ouvertement de nouvelles élections – une démarche largement considérée comme une tentative de renverser le président Emmanuel Macron, dont le parti devrait perdre lourdement lors d’un nouveau vote.

Le premier gouvernement de M. Lecornu s’est effondré quelques jours après sa formation, ce qui laisse présager de la fragilité de cette deuxième tentative. Ainsi, bien que la nomination de Farandou apporte un négociateur expérimenté au gouvernement, la durée pendant laquelle l’ancien chef de la SNCF restera au pouvoir politique est aussi précaire que le gouvernement lui-même.

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Auteur: Thomas Wintle

Source: RailTech.com

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