L’ex-PM Jean Castex approuvé comme nouveau patron de la SNCF

Le Parlement français a officiellement approuvé la nomination de l’ancien Premier ministre Jean Castex au poste de PDG de la SNCF, succédant ainsi à Jean-Pierre Farandou. L’actuel patron de la RATP prend ses fonctions à un moment charnière, alors que la France est confrontée à d’importants déficits de financement du rail, malgré les promesses d’investissement à long terme du gouvernement.
Jean Castex, 60 ans, a reçu le feu vert du Parlement pour devenir PDG de la SNCF, après des auditions devant les deux chambres du Parlement français en début de semaine. Proposée par le Président Emmanuel Macron fin septembre, la nomination de Jean Castex a recueilli 60 voix sur 83 votants. L’ancien Premier ministre et actuel chef de la RATP, qui a longtemps décrit le rail comme une passion personnelle, succède à Jean-Pierre Farandou – qui est lui-même entré au gouvernement récemment – avec la tâche de diriger le chemin de fer public français à travers son prochain cycle d’investissement.
Un homme du rail
Castex arrive à la SNCF avec une réputation d’administrateur chevronné et d’opérateur de terrain. « Je n’ai pas commencé à faire des visites de terrain quand je suis arrivé à la RATP, j’ai fait ça toute ma vie », a-t-il déclaré aux députés. « J’aime bien soulever le capot ».
A la RATP, il a eu le mérite de stabiliser l’opérateur après une période post-pandémique difficile. Il a notamment négocié des augmentations de salaire, recruté des milliers de nouveaux employés et amélioré la fiabilité du service avant les Jeux olympiques de Paris 2024. Sous sa direction, les réseaux de métro et d’autobus de Paris, souvent critiqués pour leurs retards et leur manque de personnel, ont connu une nette amélioration de leurs performances.
En ce qui concerne la libéralisation des chemins de fer, ce technocrate de centre-droit, allié de longue date d’Emmanuel Macron, est considéré comme favorable aux réformes du gouvernement en faveur de la concurrence. En tant que Premier ministre, il a supervisé l’ouverture progressive des services ferroviaires nationaux aux opérateurs privés – un processus qui s’est heurté à une résistance farouche au sein de la SNCF. À la RATP, il a appliqué des principes similaires, préparant certaines parties du réseau de bus parisien à des appels d’offres et décrivant l’ouverture du marché comme « une occasion de réinventer le service public ».
Néanmoins, les dirigeants syndicaux, dont Sophie Binet, présidente de la CGT, ont publiquement soutenu la nomination de M. Castex au poste de la SNCF, en citant son approche constructive lors des précédentes négociations. Cette relation pourrait s’avérer utile alors que la SNCF continue de subir des pressions internes sur les conditions de travail, les effectifs et les réformes de la productivité.
Financer la « mère de toutes les batailles ferroviaires
M. Castex héritera de l’un des plus grands défis de la politique ferroviaire française : trouver un financement stable pour la régénération du réseau. « La mère de toutes les batailles ferroviaires est l’état du réseau », a-t-il déclaré aux sénateurs. « Sans un réseau en bon état, il est impossible d’améliorer la ponctualité ou d’étendre les services.
Le gouvernement s’est engagé à faire passer les dépenses annuelles consacrées aux infrastructures ferroviaires de 3,5 milliards d’euros à 4,5 milliards d’euros d’ici à 2028. Ces dépenses seront financées principalement par les recettes des futures concessions autoroutières, estimées à 2,5 milliards d’euros par an. Toutefois, ces fonds ne commenceront à être versés qu’en 2031-2036, ce qui créera un vide pluriannuel que la SNCF devra probablement combler en puisant dans ses propres bénéfices.
« C’est une question d’argent », a déclaré M. Castex. « Nous devrons être très persuasifs pour que les bons choix soient faits. Il a ajouté que les investissements publics dans le réseau ferroviaire ne devaient pas être considérés comme du gaspillage : « Il ne s’agit pas de coûts irrécupérables – si nous ne faisons rien, les perturbations augmenteront et le réseau se détériorera.
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