La liaison à grande vitesse Milan-Munich de Trenitalia sera mise en service en 2027 ; les trains interallemands pourraient être les prochains.

Trenitalia a reporté le lancement de sa ligne à grande vitesse reliant l’Italie à Munich en Allemagne au premier trimestre 2027, soit un peu plus tard que le début annoncé en décembre 2026. La liaison se fera d’abord à partir de Milan, puis sera étendue à Rome et Naples, et du côté allemand, à Berlin. Le PDG du groupe FS a entre-temps déclaré aux médias allemands qu’il étudiait des options pour des trains à grande vitesse nationaux en Allemagne, confirmant ainsi ce qui était déjà dans l’air.
Le calendrier révisé reflète les préparatifs en cours pour les opérations transfrontalières, qui ne sont pas faciles, comme les modifications des trains et les processus de certification. Le service Munich-Milan/Rome, qui s’inscrit dans le cadre d’une collaboration avec la Deutsche Bahn et l’ÖBB, débutera au début de 2027 au lieu de décembre 2026. La ligne utilisera des trains Frecciarossa 1000, qui sont en train d’être adaptés par Hitachi et Alstom pour répondre aux normes ferroviaires allemandes et autrichiennes.
Une fois opérationnel, le service offrira des liaisons quotidiennes entre Munich, Milan et Rome, avec des arrêts à Innsbruck, Vérone et Bologne. Les temps de parcours devraient encore s’améliorer après l’ouverture du tunnel de base du Brenner en 2032, qui permettra de réduire d’une heure le trajet Munich-Rome. Trenitalia a également dévoilé ses projets de nouvelles liaisons Frecciarossa 1000 vers Monaco et une liaison Paris-Londres d’ici 2029, comme l’a souligné le PDG Giampiero Strisciuglio lors du sommet Made in Italy.
Paris-Londres et Monaco
Au-delà de l’Allemagne, Trenitalia vise une liaison Paris-Londres d’ici 2029, comme l’a souligné Stefano Antonio Donnarumma, PDG du groupe FS. La compagnie prévoit également une liaison Milan-Monaco, bien qu’aucun calendrier précis n’ait été annoncé.
Ces extensions s’appuient sur la présence existante de Trenitalia en France et en Espagne, où des trains Frecciarossa circulent déjà (Paris-Milan en France, et par l’intermédiaire d’Iryo en Espagne, détenue majoritairement par Trenitalia). La liaison Paris-Londres constituerait une étape importante dans la connexion du réseau italien à grande vitesse avec l’Europe du Nord, bien que les services transmanche soient notoirement difficiles et que d’autres compagnies soient en lice pour cette liaison.
Prochaine étape : les trains intérieurs en Allemagne ?
Dans une interview accordée au journal allemand Handelsblatt, M. Donnarumma a également déclaré que la compagnie envisageait d’étendre ses activités en Allemagne aux trains intérieurs, dans le « secteur lucratif des trains à grande vitesse ». Les chemins de fer italiens sont déjà présents dans 14 des États fédéraux allemands par l’intermédiaire de leurs filiales Netinera (transport ferroviaire régional de passagers) et TX Logistik (transport ferroviaire de marchandises), de sorte qu’il ne s’agit pas d’un marché totalement nouveau. Mais le segment à grande vitesse l’est, et ces projets n’en sont pour l’instant qu’à la phase exploratoire. « Nous avons contacté les opérateurs d’infrastructure et les autorités, comme le veut la procédure », a-t-il déclaré.
L’opérateur italien pourrait être la première entreprise à concurrencer la Deutsche Bahn à grande échelle sur le réseau ferroviaire national à grande vitesse, bien que FlixTrain ait déjà commandé des trains à grande vitesse à cette fin. Depuis que Netinera a publié un avis d’étude de marché pour 50 trains à grande vitesse sur la plateforme d’appel d’offres de l’UE, des rumeurs circulent sur ces projets. Au cours de cette étape, les fabricants ont été informés publiquement de l’étude de marché et des exigences techniques, et ils ont pu exprimer leur intérêt (plus tard, si un appel d’offres est lancé) en soumettant une offre.
Modernisation de la flotte
L’expansion de Trenitalia coïncide avec un important programme de modernisation de la flotte. D’ici 2027, 1 000 de ses 1 300 trains régionaux seront neufs, ce qui ramènera l’âge moyen de son matériel roulant à 10 ans, soit bien moins que la moyenne européenne de 20 ans.
Le Frecciarossa 1000, introduit en 2015, reste au cœur de la stratégie de grande vitesse de la compagnie, offrant quatre classes de confort et 462 sièges par train. Strisciuglio a souligné que la ponctualité reste une priorité absolue, au même titre que la durabilité et le confort des passagers.
Expansion ferroviaire transfrontalière
La ligne Munich-Rome fait partie d’un programme pilote de la Commission européenne visant à renforcer les liaisons ferroviaires transfrontalières. Ce projet, approuvé par le ministère allemand des transports et par l’Union européenne, vise à réduire la dépendance à l’égard du transport aérien, en particulier dans les régions écologiquement sensibles comme les Alpes. Les services initiaux comprendront un train aller-retour quotidien sur chaque ligne, et il est prévu d’augmenter la capacité en fonction de la demande. L’extension de Berlin, prévue pour 2028, renforcera l’intégration de l’Allemagne dans le réseau européen à grande vitesse.
Si le lancement de Munich a été retardé, les projets à long terme de Trenitalia restent ambitieux. La société continue de travailler avec la Deutsche Bahn, l’ÖBB et des partenaires de l’UE pour finaliser les liaisons avec Monaco et Paris-Londres.
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