La Belgique subit trois jours de perturbations dans les transports à la suite d’une grève nationale

Les services ferroviaires à travers la Belgique sont réduits ou entièrement annulés alors que les syndicats entament une grève tournante de trois jours contre les plans de réforme du gouvernement.
La Belgique est entrée dans la première de trois journées de grève consécutives, avec des services ferroviaires fortement réduits dans tout le pays, les syndicats accentuant la pression sur les réformes socio-économiques du gouvernement fédéral. L’action culminera mercredi avec une grève générale totale, qui devrait entraîner la fermeture des transports, des écoles, des services publics et des aéroports.
La grève est motivée par la colère suscitée par les changements proposés en matière de pensions, d’indexation des salaires et de règles de sécurité sociale – des réformes qui, selon les syndicats, s’apparentent à un « démantèlement social ». Les trois principales fédérations – ACV-CSC, FGTB-ABVV et CGSLB-ACLVB – accusent le Premier ministre Bart De Wever de proposer des mesures que « tout le monde ressentira », notamment des hausses de TVA et un durcissement des conditions de pension, tout en refusant de s’engager de manière significative dans les revendications syndicales. Dans la foulée de la grande manifestation d’octobre à Bruxelles, un responsable de la FGTB a déclaré qu’il était « demandé aux travailleurs de payer pour une crise que nous n’avons pas créée », estimant que le nouvel accord budgétaire « franchit toutes les lignes rouges sociales ».
La SNCB, l’opérateur ferroviaire public belge, s’attend à d’importantes perturbations sur le réseau à partir de 22 heures le dimanche 23 novembre jusqu’à la fin du mercredi 26 novembre. Seul un horaire limité est en vigueur, variant selon les lignes et dépendant du personnel disponible. Certaines lignes ont des services réduits, d’autres n’en ont pas du tout. La SNCB publie des horaires adaptés 24 heures à l’avance et invite les voyageurs à ne prévoir que les trajets indispensables.
Le rail international et local durement touché
Les services internationaux sont également touchés. Eurostar fera circuler environ la moitié de ses trains Bruxelles-Paris pendant l’action. Les services entre Bruxelles-Amsterdam et Amsterdam-Londres fonctionneront à environ 75 % de leur niveau normal. Les réductions les plus importantes concernent le corridor Bruxelles-Liège-Allemagne, où seuls 20 % des trains à grande vitesse sont prévus. Les services Bruxelles-Lille-Londres et Londres-Paris ne sont pas affectés, et les passagers perturbés peuvent bénéficier d’une option de rebooking gratuit.
Les transports urbains et régionaux en Belgique sont également en difficulté. L’opérateur bruxellois STIB-MIVB annonce d’importantes perturbations sur les réseaux de métro, de tramway et de bus pendant les trois jours, les niveaux de service précis étant confirmés l’après-midi précédant chaque jour de grève. De Lijn, en Flandre, prévoit des opérations limitées pour les tramways et les bus, tandis que TEC, en Wallonie, a annoncé des annulations généralisées de lundi à mercredi.
La grève s’intensifie en milieu de semaine, les services publics, les syndicats de l’enseignement et la police se joignant au mouvement mardi, avant la grève générale nationale de mercredi. Tous les vols à l’aéroport de Bruxelles et à l’aéroport de Charleroi le 26 novembre ont déjà été annulés.
Un mouvement national
Les syndicats affirment que cette escalade fait suite à une participation « historique » en octobre, lorsque plus de 100 000 personnes ont manifesté à Bruxelles contre les dernières propositions budgétaires, portant sur les pensions, les hausses de TVA et la réforme de la sécurité sociale. Les revendications portent notamment sur la protection de l’indexation, le renforcement des pensions, la suppression de la pénalité sur les pensions et l’introduction d’impôts sur les grandes fortunes et les géants du numérique.
Outre les transports, la grève touchera également la collecte des déchets, les ferries, les bureaux municipaux et certains services publics à Bruxelles et dans les régions, bien que l’ampleur varie localement. Il s’agit de l’arrêt de travail coordonné le plus important depuis l’entrée en fonction de M. De Wever en février, et les syndicats affirment que d’autres grèves restent possibles si les négociations ne progressent pas.
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