un gaspillage d'argent ?

Lancement d’une pétition pour sauver le train de nuit Bâle-Copenhague-Malmö, alors que la subvention suisse fait l’objet d’un débat

The night train would be operated by SBB together with RD Deutschland. Below the image the organisations behind the petition to save it. Back on Track

Le train de nuit Bâle-Copenhague-Malmö, dont le lancement est prévu en avril 2026, est menacé d’annulation après que la commission des finances du Conseil des États suisse a proposé de réduire les subventions. Si cette proposition est approuvée, le manque de financement bloquerait le lancement du train, l’argent étant plutôt affecté à des « carburants aéronautiques durables ». Une pétition pour sauver le train de nuit a déjà recueilli plus de 24 000 signatures.

Une coalition de groupes de transport et d’environnement, dont IGöV Switzerland, Back-on-Track et Pro Bahn, a lancé une pétition demandant au Parlement suisse de rétablir le financement le 2 décembre. La contribution fédérale au train de nuit Bâle-Malmö n’est pas un « gadget coûteux », mais un investissement dans une mobilité respectueuse du climat », peut-on lire dans la pétition. L’opérateur SBB a déclaré que si la dernière réduction de financement de 10 millions est adoptée, cela signifie que le train de nuit de Bâle à Malmö ne commencera pas en avril 2026, car le financement n’est pas garanti.

Le train de nuit Bâle-Malmö relierait la Suisse à la Scandinavie, en desservant l’aéroport de Copenhague et Høje Taastrup, à seulement 30 minutes de Malmö. Les échanges commerciaux entre la Suisse et la Scandinavie s’élevant à 5,8 milliards de francs par an, le train offre une alternative respectueuse du climat aux 50 vols hebdomadaires entre Zurich/Bâle et Copenhague. En coopération avec RDC Allemagne, les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF) prévoyaient d’exploiter une liaison EuroNight entre Bâle CFF et Malmö via København à partir du 15 avril 2026, à raison de trois trajets hebdomadaires dans chaque direction.

Une bataille pour les fonds climatiques

Les subventions annoncées précédemment pour le projet de train de nuit proviennent de la loi suisse sur le CO2, dont la version révisée affecte les revenus des quotas d’émission à deux objectifs. Le premier est le transport ferroviaire transfrontalier, y compris les trains de nuit. Le second concerne les « carburants renouvelables pour l’aviation », un secteur dont l’évolutivité est incertaine, selon le PDG de Lufthansa, Carsten Spohr.

Un maximum de 30 millions de francs suisses par an était initialement prévu pour les liaisons par train de nuit. L’année dernière, dans le but de faire des économies, le Parlement suisse a déjà réduit le budget de 20 millions de francs suisses pour le transport ferroviaire international de 2025 à 2030. Comme le texte de la loi ne permet pas de reverser ces fonds réduits au budget général de la Confédération, cela signifie que les 20 millions de francs suisses sont automatiquement alloués au transport aérien, explique l’association Back on Track, qui milite pour les trains de nuit.

Or, la réduction proposée de 10 millions de francs supprimerait toute aide restante pour la ligne Bâle-Malmö, laissant le projet sans financement garanti. « Si les fonds de la loi sur le CO2 ne sont pas utilisés pour les trains de nuit transfrontaliers, ils iront aux carburants pour l’aviation, dont l’avenir est incertain », prévient la pétition.

Opposition à la subvention

Plusieurs politiciens s’opposent aux subventions accordées au train de nuit reliant Bâle à Malmö. Selon le journal suisse 20 Minuten, le train de nuit de Malmö coûte aux contribuables plus de 100 francs par billet. L’Union démocratique du centre (UDC) a qualifié les subventions pour le train de nuit de disproportionnées, d’inefficaces et de « gaspillage d’argent », dans le Tagesanzeiger.

« Personnellement, je rejetterai la subvention au Parlement », a déclaré Philipp Matthias Bregy, président du parti du centre, au journal. Il a justifié sa décision en soulignant le fait qu’il n’y a pas de vols directs vers Malmö, ce qui, selon lui, indique une faible demande. Le train s’arrête toutefois en Allemagne et à Copenhague. M. Bregy a qualifié ce projet d' »entreprise coûteuse à une époque où les transports régionaux de passagers sont réduits ». Cependant, d’autres partis, y compris le Parti vert et le PS, ont exprimé leur soutien à la subvention du train de nuit.

Avantages économiques et climatiques en jeu

La pétition met en avant plusieurs arguments essentiels en faveur du maintien du train de nuit Bâle-Malmö. Un vol Bâle-Copenhague émet entre 9,9 et 13,3 tonnes de CO₂, contre seulement 1,2 tonne pour un trajet équivalent en train de nuit, ce qui souligne les avantages considérables du transport ferroviaire pour le climat. Des études menées par Back-on-Track suggèrent que jusqu’à 30 % des voyageurs aériens et automobiles opteraient pour les trains de nuit si un service fiable et attractif était disponible.

Sur le plan financier, les 47 millions de francs demandés jusqu’en 2030 ne représentent que 1,38 % du budget des transports régionaux de la Suisse, qui s’élève à 3,4 milliards de francs. Cet investissement relativement modeste contraste fortement avec les 1,5 milliard de francs que la Suisse consacre chaque année à l’exonération de la taxe sur le kérosène pour l’aviation – un secteur qui reçoit des subventions (indirectes) bien plus importantes malgré son impact environnemental beaucoup plus élevé.

Comme le souligne la coalition, « le train de nuit est un investissement stratégique dans une mobilité respectueuse du climat et économiquement saine ». L’argument va au-delà de la simple rentabilité et positionne le train de nuit comme un élément clé de l’avenir des transports durables en Suisse.

Un appel à l’investissement stratégique

La lettre ouverte, signée entre autres par IGöV, VCS, Pro Bahn et le parti des Verts en Suisse, sera remise au Parlement le 2 décembre. Elle appelle les législateurs à donner la priorité au rail plutôt qu’à l’aviation, en soulignant que la Suisse enregistre plus de 2 000 kilomètres de voyages ferroviaires annuels par habitant, ce qui est le chiffre le plus élevé d’Europe. Elle souligne également le succès des mesures d’incitation de Copenhague en faveur d’une mobilité respectueuse du climat. La pétition met également en avant les estimations fédérales selon lesquelles l’inaction en matière de mesures climatiques pourrait entraîner des dommages économiques de l’ordre de 38 milliards de francs d’ici à 2050.

Comme l’affirme la coalition, « des liaisons ferroviaires attrayantes apportent une contribution concrète à l’objectif de zéro émission nette d’ici à 2050 ».
Le Parlement fédéral suisse se prononcera sur la proposition de réduction des subventions lors de sa session d’hiver, du 1er au 19 décembre. Si la réduction est approuvée, le train de nuit Bâle-Malmö pourrait subir des retards ou être annulé. Dans ce cas, les CFF devront rembourser les billets déjà réservés pour le train de nuit.

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Cet article a été traduit automatiquement de la langue originale vers le français.

Auteur: Esther Geerts

Source: RailTech.com