Les enquêteurs partagent leurs conclusions sur la fracture du rail suspectée d’être à l’origine de l’accident d’Adamuz en Espagne

Le déraillement de deux trains à grande vitesse en Espagne a probablement été causé par la rupture d’une soudure entre deux segments de rail. C’est ce que révèlent les premières conclusions publiées par l’Agence espagnole d’enquête sur les accidents ferroviaires (CIAF). Quarante-cinq personnes ont été tuées dans l’accident survenu près d’Adamuz.
Au cours de l’enquête, une rupture de la voie a été découverte, mais il n’a pas encore été déterminé si elle était la cause ou la conséquence de l’accident. Néanmoins, les premières conclusions semblent indiquer que le premier train a effectivement déraillé à cause de ce défaut, bien que le service d’enquête souligne qu’il ne s’agit que d’une théorie préliminaire. Des tests supplémentaires en laboratoire sont nécessaires pour confirmer l’hypothèse.
Lors de l’accident, les trois dernières voitures d’un train Iryo ont déraillé. Celles-ci sont entrées en collision avec un train Alvia (appartenant à la RENFE espagnole), entraînant le déraillement des deux premières voitures de ce train. Lors de l’inspection du train Iryo, des entailles ont été constatées sur la bande de roulement des roues droites des voitures 2, 3, 4 et 5. Ces entailles sont présentes sur toutes les roues correspondant aux essieux impairs de ces wagons.
Les entailles présentent le même schéma sur les voitures 2, 3 et 4, écrit le service, ce qui est cohérent avec un impact contre le champignon des rails. Les enquêteurs soupçonnent que la continuité des rails a été interrompue par la rupture, de sorte que la section précédant la rupture a d’abord supporté tout le poids de la roue et s’est légèrement déformée.
Le fait que les empreintes ne se produisent que sur les premières roues de chaque bogie est compatible avec ce scénario, car la première roue absorbe l’impact. Le rail s’enfonce ensuite sous l’effet de l’impact et du poids de la première roue. À une vitesse d’environ 200 km/h, la deuxième roue passe si vite (environ 0,03 seconde plus tard) que le rail n’a pas le temps de se remettre de la déformation et que la deuxième roue ne le percute donc pas de la même manière.
Rail incliné vers l’extérieur
Les empreintes sur deux roues droites de la voiture 5 présentent un schéma différent. Elles présentent une marque sur l’extérieur de la bande de roulement, ce qui, selon le rapport, pourrait indiquer que le rail s’est incliné vers l’extérieur. La voie présente également des traces de ce phénomène. Le fait que le wagon 6 ait été le premier wagon à dérailler corrobore cette théorie. La continuité ayant été interrompue, ce wagon a quitté la voie.
Les roues des wagons 6, 7 et 8 n’ont pas été prises en considération car, après avoir déraillé et parcouru une distance considérable en heurtant le ballast, les traverses et d’autres éléments, elles étaient tellement endommagées que toute marque ou trace avait été effacée. De plus, selon l’hypothèse retenue, ces wagons auraient déraillé sans heurter le champignon du rail après la rupture.
Les trains précédents également endommagés
Outre les entailles trouvées sur le train d’Iryo qui a déraillé, des entailles de forme similaire ont également été trouvées sur les bandes de roulement de certaines des roues droites de trois rames différentes qui avaient circulé dans la zone avant l’accident. Les enquêteurs supposent donc dans le rapport que la rupture du rail s’est produite avant le passage du train Iryo accidenté et donc avant le déraillement.
Quelques heures après la tragédie ferroviaire d’Adamuz, le ministre des transports Oscar Puente a parlé, lors d’une conférence de presse, d’un « accident extrêmement étrange », alors que l’on ne savait pas grand-chose sur les causes possibles de l’accident. L’accident s’est produit sur un tronçon de voie droite qui avait été rénové en mai 2025. 700 millions d’euros avaient été investis dans cette voie. À l’époque, le ministre avait déclaré qu’elle était « vraisemblablement en parfait état ». Il a ensuite déclaré que le déraillement n’était « pas dû à un manque d’entretien ».
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