Un premier coup d’œil à l’intérieur du Voyager revu et corrigé de CrossCountry

Au début du mois, CrossCountry a dévoilé le premier Voyager rénové, donnant ainsi le coup d’envoi d’un programme de 75 millions de livres sterling visant à revitaliser la flotte, qui a été durement éprouvée. Le correspondant britannique de RailTech, Simon Walton, s’est rendu sur le site de l’usine Alstom de Derby pour observer la transformation de près. Sa conclusion ? Une bête de somme qui a retrouvé son élégance.
Les coupures de rideau ont eu lieu la semaine dernière. Prêt pour les gros plans. Au début du mois de février, j’étais à Derby, à l’usine Alstom de Litchurch Lane, pour l’inauguration du premier Voyager restauré. Emmené à bord de l’unité 220 033 rénovée pour une visite des coulisses, il n’y avait pas de caméras de presse, pas de discours, juste le ronronnement tranquille d’un train à mi-chemin de sa métamorphose.
En parcourant le salon rénové par Alstom, un film ne cessait d’apparaître : Now, Voyager, le classique de Bette Davis dans lequel Charlotte Vale, longtemps étouffée par le contrôle de sa mère, réapparaît après un séjour dans un sanatorium, étonnamment transformée, non pas en quelqu’un de nouveau, mais en quelqu’un d’enfin à l’aise dans sa propre peau. C’est aussi l’astuce du Voyager : de nouvelles LED, de nouveaux tapis, des sièges retravaillés ; rien d’ostentatoire, tout est délibéré. Une bête de somme qui adapte sa posture au 21e siècle. Aujourd’hui, Voyager, c’est vrai.
En fait, cette rénovation de 75 millions de livres sterling (88 millions d’euros), financée par le bailleur de matériel roulant Beacon, est une transformation presque sans déchets. L’équipe d’Alstom à Litchurch Lane a pris un Voyager vétéran, avec plus de 5,8 millions de miles au compteur (9,2 millions de km), et a poli chaque panneau avec soin. Les améliorations sont subtiles mais spectaculaires : des tables suffisamment larges pour accueillir des ordinateurs portables, des prises de courant de tous types, un éclairage LED brillant et des tapis qui ondulent sous les pieds comme dans une scène soigneusement chorégraphiée. Le nouveau Voyager, à l’instar de Davis, revient posé et beaucoup plus sophistiqué.
Sièges, prises de courant et l’action de l’art en mouvement
La première révélation concerne les sièges. Plus d’espace pour les jambes, des rangements astucieux sous les sièges. Des prises de courant à chaque siège – trois broches et deux types d’USB. J’ai testé une table avec un Mac et un moka simultanément. Audition accomplie. Viennent ensuite les détails que la plupart des passagers ne verront jamais : l’alignement des équipements, les angles d’éclairage, la façon dont l’ensemble de l’intérieur se tient. Comme un bon plateau de tournage, l’ensemble est calibré pour le regard périphérique : rien n’attire l’attention, mais tout s’additionne.
Chaque détail de l’intérieur contribue à l’effet. Les moquettes sont entièrement nouvelles, faisant écho à la livrée extérieure English Rose, tandis que les lumières LED éclairent les couloirs de façon cinématographique. Les vestibules sont spacieux, les toilettes brillent discrètement, modernes et discrètes dans le meilleur sens du terme. L’ancien train s’est débarrassé de sa carapace, révélant un wagon à la fois calme et confiant, qui se débarrasse de son aspect étriqué et utilitaire pour s’approprier le devant de la scène.
Les yeux du Voyager
Les Voyager font également partie du processus de réalisation du film. Des caméras orientées vers l’avant, un système de vidéosurveillance modernisé et des compteurs automatiques de passagers sont installés dans les coulisses, recueillant discrètement les données d’occupation, surveillant les flux de passagers et renforçant la sécurité. L’association de la technologie et du design donne l’impression que le train est renouvelé, revitalisé et plus réactif. Les sièges sont libres quand il le faut, la sécurité est discrète et l’éclairage est bien composé.
Chaque voiture semble avoir été mise en scène : l’éclairage, les surfaces, les sièges, tout est fait pour que les voyages longue distance soient plus agréables. Et sur un long trajet comme celui reliant Edimbourg à Plymouth, cette amélioration du silence sera réellement payante. D’autres rames remises à neuf attendent déjà dans la cour d’Alstom, prêtes à travailler encore plus.
Du vétéran au virtuose
Le Voyager 220 033, composé de quatre voitures, a déjà parcouru 5 811 605 miles, soit environ 5 135 allers-retours Édimbourg-Plymouth. Après sa remise en état, il reprendra lentement du service, preuve que même la flotte la plus sollicitée peut être remise à zéro en douceur. D’autres Voyager rénovés suivront, revenant sur le réseau l’un après l’autre, chacun bénéficiant de la même remise en état.
En descendant du train, on a l’impression que quelque chose de familier depuis longtemps a été soigneusement réinitialisé. Certains ne verront dans cette rénovation qu’un simple coup de peinture et une nouvelle moquette, mais ces unités sont au cœur du réseau de CrossCountry, et les détails ont leur importance. Pour ceux qui y prêtent attention, c’est Bette Davis en train : les mêmes unités qui sont parties usées et fatiguées par le voyage reviennent avec un air étrange et tranquillement gracieux. Voyager, où va-t-on ?
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