signature de la déclaration commune

La Belgique et les Pays-Bas font pression en faveur d’une nouvelle liaison ferroviaire entre Eindhoven et Bruxelles

NS trains in the mist
An NS train passes through Eindhoven. robert coolen/Shutterstock

La Belgique et les Pays-Bas ont signé une déclaration commune visant à accélérer les projets ferroviaires transfrontaliers, qu’il s’agisse de la liaison voyageurs Eindhoven-Bruxelles ou d’un ensemble de corridors de fret en place depuis longtemps.

Les Pays-Bas et la Belgique souhaitent renforcer leurs liaisons ferroviaires, en commençant par examiner de plus près la liaison entre Eindhoven et Bruxelles. À cette fin, le secrétaire d’État néerlandais sortant, Thierry Aartsen, et le ministre belge de la mobilité, Jean-Luc Crucke, ont signé cette semaine à Anvers une déclaration commune visant à intensifier la coopération et à accélérer la réalisation d’une liste définie de projets ferroviaires transfrontaliers.

Eindhoven, qui abrite le pôle technologique Brainport et des entreprises telles qu’ASML, est de plus en plus liée à Bruxelles, le centre de décision politique de l’Europe. Pourtant, la liaison ferroviaire entre les deux villes reste inégale. En janvier, M. Aartsen a critiqué la durée du trajet lors d’un débat parlementaire. « Si vous voulez aller d’ASML à Bruxelles, la ville la plus importante de notre continent, il vous faut trois heures et demie et vous devez changer de train environ quatre fois, si même le train circule. En fonction de l’itinéraire et des correspondances, le voyage peut également être effectué en environ deux heures et demie avec un seul changement.

Dans le cadre de la déclaration, les deux pays examineront les moyens d’améliorer cette liaison, que ce soit par de nouvelles infrastructures ou par l’introduction d’un nouveau service ou d’un service amélioré sur les lignes existantes. L’axe Eindhoven-Bruxelles est explicitement désigné comme l’un des corridors prioritaires, aux côtés de plusieurs itinéraires de fret débattus depuis des années. « De nouveaux défis dans un monde en mutation rapide exigent une action rapide », affirment les signataires. M. Aartsen a qualifié la coopération transfrontalière de « stratégiquement importante, tant sur le plan économique que militaire », tandis que M. Crucke a déclaré que le partenariat avait été constructif par le passé « mais qu’il avait parfois manqué d’ambition ».

Les routes sur la table

Au-delà d’Eindhoven-Bruxelles, la déclaration met en avant trois corridors concrets. Le premier est le 3RX, une version révisée de laligne de fret historiquedu Rhin de fer entre Anvers et la région allemande de la Ruhr. Le tracé original du Rhin de fer est politiquement exclu aux Pays-Bas parce qu’il traverserait le parc national De Meinweg. L’alternative 3RX utilise plutôt les lignes existantes via Venlo, avec des améliorations ciblées telles que le doublement et l’électrification de sections et une nouvelle courbe ferroviaire près de Roermond.

Le tracé du Rhin d’acier, avec l’ajustement 3XR. © Register Flanders

Une étude réalisée en 2016-2017 par Transport & Mobility Leuven a estimé le coût d’investissement à environ 770 millions d’euros, hors TVA et avec une marge d’incertitude de plus ou moins 30 %. Elle prévoyait environ 17 à 20 trains de marchandises par jour d’ici 2030, avec une légère augmentation d’ici 2040. La ligne desservirait principalement le trafic entre les ports maritimes belges et la région Rhin-Ruhr, tout en allégeant la pression sur la route néerlandaise du Brabant et sur les corridors allemands autour d’Aix-la-Chapelle et de Cologne.

Le deuxième corridor est une connexion ferroviaire de fret entre le port de Gand et Terneuzen, visant à renforcer l’accès à l’arrière-pays pour les ports de la mer du Nord. Le troisième corridor concerne l’amélioration des liaisons entre la Belgique et les provinces néerlandaises du Brabant-Septentrional et du Limbourg, ce qui est directement lié à l’ambition Eindhoven-Bruxelles. L’accord fait également explicitement référence à la mobilité militaire et à la résilience des chemins de fer, reflétant ainsi les préoccupations européennes plus larges en matière de sécurité et de chaînes d’approvisionnement.

Pour éviter que les projets ne s’enlisent, les deux pays ont mis en place une structure : les ministres se réuniront au moins une fois par an, soutenus par un groupe de travail bilatéral qui se réunira deux fois par an et par des réunions d’experts sur des dossiers spécifiques. L’objectif est de traduire la déclaration en un accord-cadre plus large cet été. Les autorités régionales et les gestionnaires d’infrastructures seront impliqués le cas échéant, bien que le financement des nouvelles infrastructures de transport de passagers, y compris Eindhoven-Bruxelles, n’ait pas encore été assuré.

Notre publication sœur Spoor Pro présente l’histoire complète ici.

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Auteur: Thomas Wintle

Source: RailTech.com

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