3 ans après Tempi

Grèce : le système de suivi des trains par satellite en temps réel est mis en service sur railway.gov.gr

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Trois ans après la collision frontale de Tempi, un système a été mis en place pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise. La Grèce a déployé un système de suivi par satellite de haute précision pour son réseau ferroviaire, avec le lancement officiel de railway.gov.gr le 26 février. La plateforme numérique unifiée permet désormais de suivre les trains en temps réel, en commençant par l’axe Athènes-Thessalonique, avant de s’étendre à l’ensemble du réseau national d’ici à la fin du mois d’avril.

Il y a presque exactement trois ans. Le 28 février 2023, 57 personnes perdaient la vie dans la collision frontale entre un train de voyageurs et un train de marchandises dans la vallée de Tempi en Grèce. Cet événement a choqué la nation, entraîné des grèves et des manifestations dans tout le pays et mis en évidence une chose : les gens ne feront pas confiance à la sécurité du système ferroviaire tant que des mesures importantes n’auront pas été prises.

Avec le lancement d’un système de suivi des trains par satellite, qui peut être suivi en direct sur railway.gov.gr, une étape importante a été franchie pour améliorer la sécurité et rétablir la confiance dans les chemins de fer grecs. Selon le ministère grec des transports, ce système intègre sept recommandations clés en matière de sécurité formulées dans le rapport de l’EODASAAM à la suite de la catastrophe de Tempi, notamment la documentation des données opérationnelles, la surveillance continue de la sécurité et l’amélioration des contrôles de surveillance.

Comme il n’y a que 4 départs de trains par jour entre Athènes et Thessalonique (2 dans chaque sens), il arrive souvent que le site web n’affiche pas de données en direct, mais ce n’est pas parce que le système ne fonctionne pas. D’ici la fin du mois d’avril, tous les trains devraient apparaître sur le site.

Capture d’écran de railway.gov.gr. Le 27 février à 11:47, aucun train ne circule sur le corridor Athènes-Thessalonique, avec 4 départs quotidiens.

Pas de remplacement de la signalisation

Le ministère souligne que le système ne remplace pas les systèmes de sécurité existants – la signalisation aurait également pu empêcher la collision du train, qui était le résultat d’une erreur humaine du chef de gare de Larissa, combinée à un manque de signalisation. Le déploiement de l’ERTMS est également une priorité ; l’objectif est que, d’ici cet été, l’ensemble de l’axe Athènes-Thessalonique fonctionne avec « 100 % de signalisation, 100 % de contrôle à distance et 100 % d’ETCS, le système de freinage automatique des trains », a déclaré le ministère en janvier.

Le suivi des trains en direct est conçu comme une soupape de sécurité supplémentaire. « railway.gov.gr n’est pas seulement une application d’information. Une équipe spéciale de cadres opère désormais au centre de contrôle de l’OSE, qui surveille en permanence les notifications du système automatisé. Leur mission est d’intervenir immédiatement lorsqu’une violation des règles de circulation est détectée », explique le ministère des transports.

La plateforme offre non seulement une transparence publique, permettant aux citoyens de suivre la position des trains, leur vitesse, les retards et les flux vidéo en direct. Mais le ministère insiste sur le fait que railway.gov.gr n’est pas une simple application d’information. « Une équipe spéciale de cadres opère désormais au centre de contrôle d’OSE, qui surveille en permanence les notifications du système automatisé. Leur mission est d’intervenir immédiatement lorsqu’une violation des règles de circulation est détectée ».

Des commandes sur papier au suivi au centimètre près

Le nouveau système élimine les pratiques obsolètes, telles que les instructions d’itinéraire manuscrites, une méthode que le secrétaire général des transports, Stelios Sakaretsios, a décrite à CNN Grèce comme « appartenant à une autre époque ». « Dans les premiers jours qui ont suivi ma prise de fonction en été, nous avons voyagé avec [le ministre suppléant des transports] M. Kyranakis d’Athènes à Thessalonique pour nous faire une idée du fonctionnement réel des chemins de fer », a-t-il déclaré.

« Je n’oublierai jamais l’image d’un chef de gare à un arrêt, s’approchant de la locomotive et donnant un morceau de papier avec l’itinéraire que le train devait suivre au conducteur. C’était essentiellement l’ordre, qui n’existait pas… Il a peut-être été transmis oralement, mais il n’a pas été enregistré dans une base de données numérique et son exécution n’a pas été contrôlée. Aujourd’hui, avec railway.gov.gr, nous créons le registre numérique des ordres et des violations ».

Le nouveau système de suivi combine les technologies satellitaires grecque HEPOS et européenne Galileo pour offrir une précision de l’ordre du centimètre. C’est beaucoup plus précis que le GPS conventionnel, qui peut dévier de 15 mètres. Contrairement au GPS traditionnel, la plateforme intègre également un réseau ferroviaire cartographié numériquement et des algorithmes de correspondance cartographique, ce qui garantit un suivi précis même dans les tunnels ou les zones à faible signal. « Il ne s’agit pas d’une simple application numérique », a souligné M. Sakaretsios. « Il s’agit d’une nouvelle infrastructure opérationnelle, où chaque train est suivi en temps réel, avec une précision centimétrique et une certitude quant à la ligne sur laquelle il circule.

Si deux trains devaient entrer en collision, le système déclenche des alertes automatiques, y compris un « signal sonore perçant ». « Il garantit que nous le saurons automatiquement en quelques secondes, de sorte qu’OSE puisse réagir immédiatement pour éviter et ne jamais répéter une tragédie comme celle de Tempi », a déclaré M. Sakaretsios.

Une triple réforme : Infrastructure, trains et surveillance numérique

Le lancement de railway.gov.gr fait partie d’une stratégie de modernisation plus large visant à apporter aux chemins de fer grecs les améliorations nécessaires en matière de sécurité.

Dans le cadre de ce plan, l’axe Athènes-Thessalonique fait l’objet d’une modernisation complète, avec une signalisation à 100 %, un contrôle à distance et une mise en œuvre de l’ETCS prévue d’ici l’été 2026. Le système a déjà été installé sur 100 trains, marquant une étape cruciale dans la numérisation des chemins de fer grecs.

Un investissement de 308 millions d’euros finance l’achat de 23 nouveaux trains, dont la livraison est prévue d’ici 2027, pour remplacer le matériel roulant obsolète. Parallèlement à ces améliorations, des réformes institutionnelles introduites en 2025 ont restructuré OSE, l’opérateur ferroviaire national de la Grèce. Ces réformes ont permis d’éliminer les responsabilités fragmentées, d’imposer des sanctions plus strictes en cas d’erreurs opérationnelles et de renforcer la surveillance par l’intermédiaire de l’Autorité de régulation des chemins de fer (RAS) et de l’EODASAAM (Agence grecque d’enquête sur la sécurité aérienne et ferroviaire), indique le ministère des transports. Les réformes comprennent également de nouveaux programmes de formation du personnel avec des simulateurs modernes.

Un syndicat prudent : « Plus de sécurité aujourd’hui, mais les projets doivent être menés à bien ».

Le secrétaire général du syndicat des transports, Stelios Sakaretsios, a salué railway.gov.gr comme « une révolution » pour la sécurité ferroviaire grecque. « Pour la première fois, le défi permanent – qui est de savoir à tout moment, avec précision, où se trouve chaque train – devient une réalité », a-t-il déclaré. Les syndicats n’utilisent pas des mots aussi forts, mais le président du syndicat des conducteurs de train, Kostas Genidounias, a reconnu les améliorations apportées à la sécurité depuis la catastrophe de Tempi.

« La situation s’est améliorée par rapport à ce qui s’est passé la nuit de Tempi », déclare Kostas Genidounias, mais il souligne qu’actuellement les chemins de fer grecs sont « sous-performants », a-t-il dit à CNN Grèce. Il note que la réduction de la vitesse et de la fréquence des trains pourrait atténuer les risques plutôt que de les éliminer. « Au rythme actuel des travaux, le chemin de fer est sûr… jusqu’à ce que les projets soient achevés, parce que les vitesses sont plus faibles et qu’il y a moins de trains, donc le chemin de fer est sûr dans les circonstances actuelles ».

De l’incertitude à la « sécurité documentée »

La nouvelle détection des collisions en temps réel, les notifications automatisées et la surveillance 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 par une équipe de contrôle OSE spécialisée constituent ce que M. Kyranakis a appelé « une ère de transparence, de responsabilité et de sécurité documentée ». D’ici avril 2026, les 140 locomotives circulant sur les 2 000 kilomètres du réseau grec devraient être équipées du système, mettant ainsi fin à l’ère des angles morts opérationnels.

« Le chemin de fer entre définitivement dans l’ère de la supervision documentée et de la surveillance numérique constante », a conclu M. Sakaretsios. Mais la sécurité globale du système ferroviaire grec dépend aussi largement du déploiement de la signalisation numérique ERTMS.

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Auteur: Esther Geerts

Source: RailTech.com

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