Les yeux à distance

Infrabel va étendre son programme de drones à toute la Belgique

Infrabel showing off one of its drones.
Infrabel showing off one of its drones, with Belgium's Mobility Minister Jean-Luc Curcke on the left and Infrabel CEO Benoit Gilson on the right. Ben Brolet / Infrabel

Le gestionnaire d’infrastructure Infrabel prévoit d’étendre progressivement son programme de drones « à l’ensemble de la Belgique » à l’avenir, en utilisant les appareils comme « yeux à distance » pour soutenir la gestion du trafic ferroviaire, l’intervention en cas d’incident et la sécurité du personnel des chemins de fer.

Le projet d’extension de son programme de drones fait suite à ce qu’Infrabel a appelé les résultats « particulièrement positifs » d’un projet test initial dans le port d’Anvers en 2023 pour utiliser les appareils en toute sécurité dans les environnements urbains bâtis. D’ici 2027-2028, Infrabel souhaite équiper de drones une trentaine de faisceaux ferroviaires stratégiques supplémentaires dans toute la Belgique, complétés par 10 drones mobiles. Selon l’entreprise, les applications pourraient aller de l’inspection de l’infrastructure et de la surveillance des sites à la coopération avec les services de police.

L’objectif de stimuler l’utilisation des drones sur les rails fait suite au projet pilote d’Anvers, qui s’inscrivait dans le cadre du projet européen BURDI, axé sur le développement de l’espace U, le cadre européen permettant d’intégrer les drones en toute sécurité dans l’espace aérien grâce à des services numériques et automatisés de gestion du trafic. Comparable en principe au contrôle du trafic aérien pour les aéronefs, bien que conçu spécifiquement pour l’aviation sans pilote, U-space est considéré comme essentiel pour les opérations de drones dans des environnements complexes tels que les zones urbaines et portuaires.

Photo prise par un drone d’Infrabel. © Infrabel

Dans la ville portuaire belge, des drones ont ainsi été déployés au-dessus de la gare de triage d’Anvers-Nord et du faisceau de voies d’Oorderen, deux nœuds cruciaux pour le trafic de marchandises. Infrabel a déclaré que les appareils aériens étaient utilisés pour deux applications principales : soutenir le trafic ferroviaire et aider lors d' »incidents ».

En cas de problèmes opérationnels tels que des pannes d’aiguillage ou de signalisation, un drone peut rapidement fournir une image claire de la situation au sol. Par ailleurs, en cas de déraillement ou d’accident, le drone peut d’abord effectuer un vol de reconnaissance pour déterminer le lieu exact de l’incident, l’étendue des dégâts et les risques éventuels, par exemple en ce qui concerne les matières dangereuses. Cela permet d’agir plus rapidement, de manière plus sûre et plus ciblée, les informations clés étant immédiatement disponibles pour être partagées avec les services d’urgence.

Plus rapide, plus efficace et plus économique

Comme l’indique le gestionnaire d’infrastructure, les drones, qui ne sont pas affectés par les embouteillages ou les passages à niveau fermés, sont « jusqu’à deux fois plus rapides dans les airs qu’un véhicule sur la route ». C’est particulièrement important dans les zones à forte densité de fret, mais aussi plus généralement dans les infrastructures ferroviaires étendues ; rien que dans la zone du port d’Anvers, il y a environ 1 000 kilomètres de voies ferrées, un environnement logistique où chaque minute compte. « Plus vite les informations cruciales sont disponibles, plus vite le trafic ferroviaire peut être rétabli », explique Infrabel.

Prise de vue d’un chantier ferroviaire par un drone d’Infrabel. Infrabel

Certains chantiers ferroviaires étaient déjà équipés de caméras fixes pour surveiller la circulation des trains, mais les drones offraient à Infrabel une plus grande flexibilité, car ils pouvaient s’approcher beaucoup plus près d’un incident et fournir des images de meilleure qualité. Le gestionnaire de l’infrastructure a ajouté qu’ils étaient jusqu’à deux fois moins chers que les systèmes de caméras fixes.

Il a toutefois souligné que l’intervention humaine restait « essentielle ». Infrabel a déclaré que ses équipes d’intervention spécialisées, les Permanentie, restaient « indispensables » lors de pannes et d’incidents, ajoutant que les drones avaient aussi leurs « limites », notamment le fait d’être cloués au sol par mauvais temps et d’avoir un temps de vol limité. Ils sont donc « un outil et non un substitut à l’homme ».

Après Anvers, des systèmes de drones similaires ont été déployés à Waaslandhaven, Vorst-Rijtuigen et Châtelet. Infrabel gère désormais ce programme de manière centralisée depuis le contrôle national du trafic aérien à Bruxelles et forme actuellement une trentaine de pilotes de drone, dont la première femme pilote de drone « Beyond Visual Line of Sight » en Belgique, selon ses dires.

Le ministre belge de la Mobilité Jean-Luc Crucke parle des drones d’Infrabel. Infrabel

Nécessité d’un cadre réglementaire clair

Des problèmes subsistent toutefois en ce qui concerne les réglementations strictes régissant l’utilisation des drones dans les environnements urbains. Infrabel a déclaré qu’elle ne pouvait pas toujours les déployer immédiatement en raison de la nature fragmentée de l’espace aérien belge, avec environ 60 % du réseau ferroviaire du pays situé dans des zones fortement réglementées. L’entreprise a donc demandé le statut de vol d’État afin que ses drones puissent également être déployés dans les « géozones ».

Elle a ajouté qu’à l’instar de l’Allemagne et de l’Espagne, elle demandait également que le chemin de fer soit reconnu comme une géozone permanente. Des centaines de drones illégaux sont observés chaque année au-dessus des voies, ce qui pose des risques pour la sécurité. Infrabel a déclaré qu’elle ne souhaitait pas interdire les drones au-dessus de la voie ferrée, mais qu’elle voulait les réglementer et les contrôler. Un cadre réglementaire clair est donc essentiel, a-t-elle ajouté, saluant le fait que le ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke inclut la question dans sa note de politique de mobilité.

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Auteur: Thomas Wintle

Source: RailTech.com

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