Le Portugal accorde une plus grande liberté de gestion au CP, mais les restrictions budgétaires sont toujours en vigueur

À partir de 2027, l’opérateur public portugais CP disposera d’une plus grande liberté de gestion, y compris d’une plus grande flexibilité pour les embauches et l’acquisition d’outils. Toutefois, l’opérateur restera soumis à des règles financières très strictes, comme l’a précisé le gouvernement national à RailTech.
« CP gagne en autonomie de gestion. L’entreprise cesse d’être classée dans les limites de l’administration publique ». C’est ainsi que le gouvernement portugais a annoncé sur ses réseaux sociaux que CP quittait le secteur institutionnel de l’administration publique, suite à une décision de l’office national des statistiques du Portugal.
À partir de l’année prochaine, Comboios de Portugal (CP) ne sera plus soumise aux règles applicables à l’administration publique, « se rapprochant ainsi d’un modèle de gestion entrepreneuriale », a déclaré le ministère. Cette décision « facilite également l’accès au financement et la réalisation d’investissements stratégiques, tels que la rénovation de la flotte », a ajouté le ministère.
Pas si autonome que cela
Malgré la résolution, CP restera une entreprise publique. « Il n’y a pas de changement dans le statut juridique de l’entreprise, qui devient une société anonyme (PLC) », a précisé le ministère des transports à RailTech. Cela signifie que l’opérateur est toujours soumis à plusieurs restrictions budgétaires : par exemple, l’actualisation annuelle des salaires est limitée aux déterminations du gouvernement. En 2026, l’augmentation de la masse salariale est de 4,6 % par rapport à 2025. Toutefois, ce pourcentage inclut les salaires, les promotions et les progressions de carrière.
En raison de son statut juridique d’entreprise d’État, le CP a plus de difficultés à offrir des salaires plus compétitifs que les opérateurs ferroviaires privés et à recruter davantage pour l’entretien des trains dans les ateliers. Dans le secteur de l’aviation, par exemple, le transporteur aérien portugais TAP est une société anonyme bien que le gouvernement soit son principal actionnaire.
Plus de rétention
L’autonomie de la CP présente néanmoins certains avantages. « La société est exemptée de l’application des dispositions de la loi d’exécution du budget et des instructions de l’autorité budgétaire, telles que l’affectation des fonds ou l’autorisation de report des soldes d’exploitation », souligne le ministère.
La suppression de cette limitation est cruciale pour la trésorerie de la CP. En avril 2020, alors qu’il attendait l’entrée en vigueur de l’OSP, l’opérateur était sur le point de manquer d’argent pour payer les salaires, avait alors rapporté le média portugais Publico. Lors de la première fermeture de Covid-19 et avec très peu de passagers à bord, les dépenses de CP étaient plus élevées que ses revenus. En raison du manque de liquidités, la compagnie a dû attendre l ‘autorisation du gouvernement pour reporter les soldes d’exploitation.
Un contrat OSP fondamental
Signé en novembre 2019, le contrat OSP est fondamental pour stabiliser les finances de la CP et respecter les règles de concurrence de l’UE : chaque année, l’opérateur est indemnisé pour les services obligatoires fournis dans tout le pays, des liaisons suburbaines aux trajets régionaux, interrégionaux et interurbains. En cas de problème, des pénalités sont appliquées et l’opérateur reçoit moins de fonds. Alfa Pendular, qui exploite les trains rapides Pendolino, est exemptée du contrat.
Bien qu’il ne prenne effet qu’à la mi-2020, comme l’a rapporté Expresso à l’époque, le contrat d’OSP a également établi une décote de la dette et établi la voie à suivre pour transformer le CP en une société anonyme.
La « décote » n’est intervenue qu’en octobre 2023, mettant fin à une relation sous-subventionnée de près de deux décennies entre le gouvernement et la CP : avant le contrat OSP, l’opérateur était sous-compensé pour le service fourni. Pour faire face à l’augmentation annuelle des dépenses, CP a dû s’endetter auprès de l’État portugais lui-même. En 2015, cette dette a atteint 4,1 milliards d’euros, obligeant l’opérateur à se placer sous la tutelle du gouvernement et à se soumettre à des restrictions budgétaires. Ensuite, plusieurs injections de capitaux ont eu lieu pour réduire la dette : avant la décote, la dette de CP s’élevait à environ 1,9 milliard d’euros, comme l’a rapporté Renascença.
Libérée de son passif historique, la CP est autorisée à emprunter de l’argent auprès des banques pour financer l’acquisition d’un maximum de 20 trains à grande vitesse. Pour l’instant, la société a reçu l’autorisation du gouvernement d’acquérir 12 unités, d’une valeur d’environ 584 millions d’euros, l’appel d’offres devant être publié ; il existe une option pour huit unités supplémentaires, qui n’a pas encore été activée.
Le contrat d’OSP avec CP est valable pour 10 ans, avec une possibilité d’extension de cinq ans, conformément aux réglementations de l’UE. Le gouvernement portugais doit ensuite lancer un appel d’offres pour les obligations de service public, ouvert à tous les opérateurs ferroviaires titulaires d’une licence.
Plus d’informations ici :
- Le Portugal augmente sa commande de flotte Alstom à plus de 150 unités dans le cadre du « plus grand investissement jamais réalisé dans le domaine des trains ».
- Stadler et Critical software lancent le laboratoire ferroviaire numérique STADL au Portugal
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