analyse stratégique

Les Pays-Bas prévoient un déploiement parallèle et plus rapide de l’ERTMS pour lutter contre un rythme trop lent

NS train in the Netherlands
NS train in the Netherlands. Daan Verstraete / Shutterstock

Le déploiement de l’ERTMS à l’échelle nationale aux Pays-Bas progresse trop lentement, le rythme actuel risquant de ne permettre une transition complète qu’entre 2060 et 2070, bien au-delà de l’objectif initial de 2056. Aujourd’hui, les premières étapes d’une nouvelle approche visant à accélérer le déploiement sont proposées.

La direction du programme ERTMS néerlandais décrit le déploiement de l’ERTMS néerlandais comme « un défi majeur pour les décennies à venir », et un défi qui a pris de l’ampleur dans son analyse stratégique publiée le 9 avril. L’année dernière, la direction a compris que les Pays-Bas étaient confrontés à un « défi majeur » en matière de sécurité des trains, qui constitue une « menace pour la continuité du système ferroviaire » et entraîne une augmentation des coûts de maintenance des systèmes obsolètes.

Pour relever ce défi, la Direction propose une nouvelle approche, comprenant un déploiement national accéléré d’ici 2040 et le passage d’une installation séquentielle à une installation parallèle dans plusieurs régions. L’analyse exploratoire examine l’urgence et les possibilités d’accélérer le déploiement du programme ERTMS. La direction du programme ERTMS est un organisme indépendant au sein du secteur ferroviaire qui rend compte au ministère de l’infrastructure et de la gestion de l’eau, avec la participation de toutes les parties prenantes concernées.

Fin de vie

L’analyse met en évidence trois raisons principales pour lesquelles le déploiement de l’ERTMS est de plus en plus difficile. Tout d’abord, les systèmes de sécurité ATB actuels des Pays-Bas atteindront la fin de leur durée de vie entre 2030 et 2040. Continuer à s’appuyer sur eux pourrait contraindre le secteur ferroviaire à des coûts plus élevés et à une fiabilité réduite, étant donné que la connaissance de ces systèmes diminue et que les composants critiques deviennent plus difficiles à trouver. Deuxièmement, le réseau GSM-R (2G) doit être remplacé par le FRMCS (5G), mais les spécifications du nouveau système ne sont pas attendues avant 2029. Cette situation ajoute des retards supplémentaires, car la transition nécessite des ajustements importants du matériel roulant et de l’infrastructure.

Troisièmement, le rapport souligne que la méthode de travail actuelle, qui consiste à installer l’ERTMS par tranches séquentielles, est trop lente et trop coûteuse. La première tranche, qui a débuté sur les lignes du Nord, la ligne de Zélande et la section Kijfhoek-frontière belge, a déjà retardé les projets initialement prévus pour les lignes de Hanzelijn, le corridor ferroviaire Schiphol-Amsterdam-Almere-Lelystad (SAAL), la route du Brabant et Utrecht-Meteren.

Une nouvelle stratégie

Pour relever le défi, la direction du programme ERTMS préconise un calendrier plus ambitieux : un déploiement de l’ERTMS à l’échelle nationale d’ici 2040, nécessitant une accélération significative à partir de 2030. La solution proposée consiste à installer l’ERTMS en parallèle dans plusieurs régions, plutôt qu’un tronçon de voie à la fois, chaque fois que l’occasion se présente.

La faisabilité de cette approche dépend de plusieurs facteurs. Par exemple, il faut d’abord clarifier la capacité de ProRail et la disponibilité des ressources et du personnel. En outre, un déploiement accéléré exigerait des responsables politiques qu’ils réaffectent des fonds initialement prévus après 2040. La direction du programme ERTMS estime qu’environ 5 milliards d’euros de financement seraient déjà nécessaires au cours de la période précédente, car les travaux seraient alors réalisés plus tôt.

Tensions budgétaires

Le 24e rapport d’avancement ERTMS de la direction conclut que si la première phase de déploiement de l’ERTMS, la tranche 1, progresse, des défis techniques complexes subsistent. Il s’agit notamment de retards dans le système central de sécurité (CSS) causés par les nouvelles spécifications de l’UE.

La tranche 1 comprend les lignes du Nord, la ligne de Zélande et la section Kijfhoek-frontière belge. Elle implique la conversion de 419 kilomètres de voies à l’ERTMS, la modernisation d’environ 1 150 trains et locomotives, et la formation d’environ 12 000 professionnels du secteur ferroviaire.

Le coût de cette première phase est estimé à 3,8 milliards d’euros, pour un budget de 3,6 milliards d’euros. Cela crée une tension budgétaire de 219 millions d’euros (une augmentation de 56 millions d’euros par rapport au précédent rapport d’avancement d’octobre 2025), principalement attribuée à une indexation insuffisante des prix. En outre, il existe un profil de risque financier supplémentaire d’au moins 105 millions d’euros, attribué à l’évolution des coûts du CSS et aux informations les plus récentes sur la planification.

Prochaines étapes

La secrétaire d’État néerlandaise aux infrastructures, Annet Bertram, examinera les conclusions de la direction du programme et répondra à l’automne 2026. Entre-temps, la direction affine sa proposition pour la tranche 2, qui se concentrera sur la modernisation des systèmes ERTMS obsolètes sur la HSL-Zuid, la ligne à grande vitesse reliant Amsterdam et Rotterdam à Bruxelles et au-delà. Cette modernisation doit être finalisée avant que le contrat de gestion actuel, détenu par Infraspeed BV, n’expire le 31 mars 2031, date à laquelle l’État néerlandais a l’intention de transférer la gestion à ProRail, le gestionnaire de l’infrastructure.

Les sections ERTMS existantes aux Pays-Bas, sur les lignes HSL-Zuid, Betuweroute, Amsterdam-Utrecht et Hanzelijn, sont équipées de l’ERTMS Baseline 2 et ne s’alignent pas sur les systèmes plus récents en cours d’installation. Ces tronçons devront également être modernisés ou remplacés entre 2030 et 2040. Contrairement aux tranches 1 et 2, la tranche 3 ne sera pas une phase d’exécution pour des lignes ferroviaires spécifiques, mais plutôt une phase préparatoire simultanée visant à établir le travail de base et les conditions préalables nécessaires au déploiement national accéléré vers l’ambition 2040.

Plus d’informations ici :

  • ERTMS : plus le déploiement de l’ETCS est rapide, « moins il coûte cher ».

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Auteur: Esther Geerts

Source: RailTech.com

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