Le retrait de Renfe de France met en péril le contrat de 350 millions d’euros de Talgo avec Le Train

L’accord de 350 millions d’euros que Talgo prévoyait de conclure pour fournir jusqu’à dix trains à grande vitesse Avril à l’opérateur privé français Le Train a été remis en question, selon les médias espagnols, à la suite de la décision de Renfe d’interrompre son projet d’expansion à grande vitesse en France. L’accord dépendait de l’homologation des trains Avril du constructeur basque pour le réseau français, un processus qui n’a plus de voie claire.
Au début de l’année, l’opérateur espagnol Renfe, soutenu par l’État, a reporté indéfiniment son entrée sur le marché français de la grande vitesse, invoquant les « difficultés accumulées » dans la certification de ses trains Talgo Avril sur les voies françaises, ainsi que l’absence d’un calendrier fiable pour le lancement des opérations. Cette décision intervient dans le cadre d’un différend de plus en plus important avec la SNCF, soutenue par l’État français, les opérateurs et responsables espagnols accusant la partie française de protectionnisme dans le processus d’approbation.
Mais il pourrait y avoir une autre victime espagnole : le retrait supprime la principale voie par laquelle la plate-forme Avril de Talgo devait être approuvée en France, ce qui met en péril un accord potentiel de 350 millions d’euros entre le fabricant basque et Le Train.
Le Train, qui vise à lancer des services à grande vitesse dans l’ouest de la France, a signé un accord préliminaire avec Talgo en 2023 pour un maximum de dix unités Avril. Selon El Economista, cet accord dépendait explicitement de l’homologation des trains en France, un processus qui devait être débloqué par le déploiement prévu par Renfe du matériel roulant sur le corridor Lyon-Paris.
Les trains Avril de Renfe ont commencé à être testés en France en 2022. Cependant, en 2026, ils n’ont toujours pas été approuvés par les autorités françaises, le délai dépassant de loin les deux ans environ qu’il a fallu à Paris pour certifier les trains à grande vitesse Frecciarossa de Trenitalia. La fenêtre de lancement prévue par l’opérateur espagnol ayant été repoussée de 2024 à 2029, il a finalement décidé de se retirer indéfiniment de ses projets français à la fin du mois dernier. Ce qui ne va pas sans poser de problèmes pour le projet Le Train de Talgo.
Des essais sans conclusion
El Economista rapporte que la seule unité Avril soumise à des tests d’homologation en France devrait être rappelée en Espagne afin d’être utilisée en service domestique. Sur les 30 trains commandés par Renfe, 27 sont déjà en service, les unités restantes étant soit préparées pour une exploitation couplée, soit, dans ce cas, réaffectées à des tâches d’essai.
Si le train est retiré, il s’agira du seul véhicule actuellement utilisé pour la certification sur le réseau français. Le processus d’essai a déjà été intermittent depuis son lancement, mais sans unité active en France, il n’y a pas de mécanisme clair pour poursuivre l’homologation à court terme.
Des sources de Talgo ont déclaré à El Economista que, malgré ce lourd revers, le fabricant « maintiendrait son accord avec Le Train et nous travaillerons ensemble pour faire tout ce qui est en notre pouvoir et gérer les processus nécessaires ». Cependant, il semble que les difficultés rencontrées par Renfe pour faire homologuer les trains Avril de Talgo en France pourraient maintenant nuire gravement à une importante commande à l’exportation d’une autre entreprise ferroviaire espagnole.
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