France : La gratuité des tramways favorise le transfert modal

La sixième plus grande ville de France a connu une augmentation significative de sa fréquentation après avoir rendu ses transports publics gratuits pour les résidents, comme l’explique Julie Frêche, vice-présidente de Montpellier chargée des transports et de la mobilité, à Jérémie Anne.
Contrairement à la plupart des villes françaises qui continuent de faire payer leurs transports publics, la cinquième plus grande agglomération du pays a choisi de suivre une voie unique, en rendant tous les transports publics gratuits pour les résidents de Montpellier Méditerranée Métropole à partir de décembre 2022. Avec des investissements dans l’extension du réseau de tramway et l’amélioration des équipements pour les déplacements actifs, cette mesure a entraîné une augmentation significative de la fréquentation et une baisse de 27 % de l’utilisation de la voiture au cours des trois premières années, selon Julie Frêche, vice-présidente de la Métropole en charge des transports et de la mobilité.
La politique intégrée des transports a été élaborée dans un contexte local spécifique, explique-t-elle. Elle trouve en partie son origine dans les marches des jeunes pour le climat qui ont eu lieu entre 2014 et 2020 et dans les manifestations des « gilets jaunes » qui ont éclaté dans tout le pays à la suite d’une augmentation des taxes sur les carburants. Ces deux manifestations ont soulevé des questions importantes sur le pouvoir d’achat, le niveau de vie et le désir d’agir en faveur de l’environnement. À l’époque, le parti socialiste dirigé par l’actuel maire Michaël Delafosse était dans l’opposition, mais le groupe a cherché à refléter ces préoccupations sociales et environnementales plus larges dans son manifeste avant les élections municipales de 2021.
M. Frêche déplore que les défis sociaux soient importants à Montpellier, avec 28 % des habitants vivant sous le seuil de pauvreté et 28 % ayant droit à la pension de l’État. D’autres facteurs locaux ont également été pris en compte : la vulnérabilité de la région aux effets du changement climatique, tels que les précipitations extrêmes, les vagues de chaleur et l’élévation du niveau de la mer, la pollution de l’air et la forte pression sur le réseau routier local.
Notamment, Montpellier est la seule grande ville française à ne pas avoir de périphérique, ce qui oblige tout le trafic à passer par le centre-ville pour aller d’une autoroute à l’autre.Le groupe socialiste a dûment remporté les élections, permettant à Delafosse et Frêche de commencer à mettre en œuvre leurs stratégies ambitieuses en matière de mobilité. Cependant, le vice-président insiste sur le fait qu' »il n’a jamais été question de défendre l’environnement de manière punitive. Nous voulons pratiquer un environnementalisme positif ».
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