La flotte d’EMU régionaux rapides de Trenitalia est approuvée et le différend sur l’accès à Direttissima s’apaise

ITALIE : Trenitalia a obtenu l’autorisation de circuler pour la flotte de trains ETR108 de 200 km/h d’Alstom, évitant ainsi de justesse une échéance critique de financement de l’UE. L’approbation fait suite à un long conflit de capacité sur la question de savoir si la Direttissima Roma – Firenze pouvait supporter l’expansion du service d’accès ouvert sans déplacer les liaisons régionales rapides pour lesquelles ces trains ont été commandés.
L’autorité nationale de sécurité ANSFISA a accordé l’autorisation de type de véhicule pour les rames automotrices électriques ETR108 de Trenitalia. Les EMU Alstom Coradia Stream peuvent ainsi être exploités pour le transport de passagers sur les lignes régionales et interurbaines en Ombrie, en Toscane et dans le Latium.
Délivrée le 25 mai, l’autorisation permet à la filiale du FS Group de franchir un obstacle réglementaire quelques semaines avant la date limite de financement de juin 2026 liée au financement du plan national de relance et de résilience de l’Italie soutenu par l’UE. FS a décrit l’approbation comme « une étape importante vers le respect du calendrier du plan », les médias régionaux rapportant que les premiers trains devraient entrer en service dans les semaines à venir.
La flotte de 34 UEM de huit voitures partage une conception commune avec d’autres rames Coradia récemment acquises et utilisées par Trenitalia, mais ce lot a une vitesse d’exploitation maximale plus élevée que les UEM régionales qui ne dépassent pas 160 km/h. Cela leur permet d’opérer sur des routes à forte densité de trafic et d’être plus efficaces dans les transports publics. Cela leur permet de circuler sur des tronçons du réseau AV/AC à grande vitesse. À l’intérieur, 22 des trains sont configurés pour des opérations régionales et 12 pour des trajets plus longs. Ils sont équipés d’un système ETCS embarqué pour se conformer au déploiement de la signalisation nationale ERTMS en Italie.
Les trains ont été commandés dans le cadre d’un accord-cadre pour 2021 couvrant jusqu’à 150 rames Coradia Stream, connues sous le nom de Pop en raison de l’image de marque de l’opérateur national sur le thème de la musique. La commande de 173 millions d’euros a été financée par la région d’Ombrie (56 millions d’euros) et Trenitalia (117 millions d’euros).
Différend sur la capacité deDirettissima
Bien que l’approbation technique ait été obtenue, l’introduction de la flotte fait suite à des mois de frictions sur la question de savoir si Trenitalia pouvait obtenir l’attribution des sillons sur le réseau AV/AC pour justifier la capacité de 200 km/h des trains.
Le différend a débuté en mars, lorsque l’autorité de la concurrence AGCM a approuvé un cadre d’attribution de 18 sillons à SNCF Voyages Italia pour les services à grande vitesse à accès ouvert prévus sur les axes Torino – Roma et Torino – Venezia. Les acteurs régionaux du centre de l’Italie ont rapidement averti que les sillons supplémentaires à accès libre satureraient la ligne à grande vitesse Roma – Firenze Direttissima, déjà très encombrée.
Francesco De Rebotti, conseiller régional de l’Ombrie pour les transports, a déclaré que la décision risquait d’avoir des « conséquences très graves pour le transport ferroviaire public local », notant que les sillons régionaux déjà convenus avec le gestionnaire d’infrastructure RFI représentaient un « seuil minimum essentiel ». La crainte est que si les services commerciaux « de marché » évincent les trains régionaux, ces derniers soient détournés vers des lignes conventionnelles plus lentes, ce qui remettrait en cause l’achat du matériel roulant à 200 km/h. « Pour les territoires de l’Ombrie, la décision de RFI est une décision de principe, qui doit être prise par le gouvernement.
Pour les territoires de l’Ombrie, l’entrée de nouveaux opérateurs sur le marché pourrait signifier un nouveau compromis dans la qualité du service public de transport ferroviaire, ce qui aurait un impact supplémentaire sur le droit à la mobilité de milliers de citoyens qui utilisent le train tous les jours pour travailler ou étudier », a déclaré M. De Rebotti.
En signe de protestation, l’autorité provinciale a suspendu son approbation de l’accord d’accès au réseau régional 2026-31 avec RFI en mars, exigeant des discussions multilatérales urgentes avec le ministère de l’infrastructure et des transports, l’AGCM et les autorités régionales voisines.
Le test d’accès n’est toujours pas terminé
Les négociations qui ont suivi entre les régions et RFI ont permis de désamorcer la crise immédiate. Lors de réunions avec M. De Rebotti, Aldo Isi, directeur général de RFI, a rassuré les autorités régionales en leur expliquant que les allocations d’accès libre n’empiéteraient pas sur les sillons sauvegardés en vertu des accords-cadres existants. Les parties ont également convenu de l’importance de créer un forum interrégional permanent afin de coordonner les horaires et la qualité du service pour les navetteurs.
Un signe de cette détente est apparu le 7 mai, lorsque RFI a approuvé le retour du service régional rapide RV4156 de Roma Termini à Ancona sur la Direttissima entre Roma Tiburtina et Orte, la jonction où les trains en direction de l’Ombrie divergent. Ce changement a permis de rétablir une deuxième option directe l’après-midi pour les navetteurs ombriens revenant de la capitale, et constitue un exemple du type de trajet régional rapide pour lequel la flotte d’ETR108 a été spécifiée.
M. De Rebotti a qualifié ce changement de « résultat concret pour les navetteurs », précisant que la demande avait été coordonnée avec les autorités provinciales du Latium et de la Toscane, et acceptée par RFI, ce qui montre « comment un travail conjoint peut produire des réponses utiles et opportunes pour les citoyens ».
Un cadre de certitude
Néanmoins, un test structurel à long terme demeure pour la flotte ETR108. Si les craintes immédiates concernant la capacité se sont apaisées, l’Ombrie et ses voisins continuent de réclamer un modèle d’exploitation plus transparent pour l’Italie centrale, afin d’éviter que les futures vagues de concurrence en libre accès n’érodent progressivement l’accès promis aux passagers régionaux.
Comme l’a déclaré M. De Rebotti en mars, les règles de concurrence doivent être respectées, mais pas au détriment des « services de transport public locaux essentiels » ou de la certitude dont les régions ont besoin de la part du gestionnaire de l’infrastructure nationale.
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