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Fabuleuse exposition Orient-Express à Bruxelles

Du 26 octobre 2021 au 17 avril 2022, Train World accueille une exposition exceptionnelle consacrée à l’épopée de l’Orient-Express ainsi qu’à son créateur, le Liégeois Georges Nagelmackers.

L’exposition “Orient-Express”, au Train World, place Princesse Elisabeth à Schaerbeek, accueillera le grand public jusqu’au 17 avril prochain. Elle s’inscrit dans le cadre du festival biannuel Europalia, consacré cette édition aux trains.

Un train mythique. Il fait escale au splendide Train World de Bruxelles dans le cadre d’Europalia Trains & Tracks. Du 14 octobre 2021 au 15 mai 2022, Europalia Trains & Tracks propose un programme de plus de 70 projets artistiques – principalement des nouvelles créations et des résidences – à découvrir 7 mois durant en Belgique et à l’étranger, au sein d’institutions culturelles mais aussi et surtout sur le terrain, dans les gares et les trains !

Un train de l’histoire

Revenons un instant sur l’histoire. L’Orient-Express est né vers 1872 de l’idée du belge Georges Nagelmackers de faire circuler des « wagons-lits » à l’image de ceux qu’il a vu lors d’un voyage aux États-Unis. Le 4 décembre 1876, il fonde à Bruxelles la « Compagnie internationale des wagons-lits » qui devient en 1884 la « Compagnie internationale des wagons-lits et des grands express européens ». Pour faire circuler ses « wagons-lits » – aujourd’hui il faut parler de voitures-lits -, Nagelmackers doit obtenir des contrats avec plusieurs chemins de fer, à une époque où l’Allemagne n’avait pas la taille d’aujourd’hui, avec par exemple un Royaume de Bavière disposant de son propre chemin de fer.

Le 10 octobre 1882, la Compagnie des wagons-lits lance un aller-retour Paris-Vienne exceptionnel dans un train de luxe baptisé « Train Éclair ». Composé de quatre voitures-lits, d’une voiture-restaurant et de deux fourgons, le train relie les deux capitales en 27 h 53 min. Le Paris-Vienne ayant beaucoup de succès, Georges Nagelmackers a l’idée de le prolonger vers Constantinople, capitale de l’Empire ottoman. Ce train mythique partit pour la première fois le 5 juin 1883 de l’actuelle gare de l’Est de Paris, pour un périple de 3.100 kilomètres vers le sud-est de l’Europe, ce qui était tout simplement inédit à l’époque.

Géopolitique

Hélas le train mythique entama le XXème siècle sous un ciel sombre. Déjà affecté par les guerres balkaniques en 1912 et 1913, l’Orient-Express est limité au trajet entre Vienne et Budapest en août 1914 à la suite du déclenchement de la Première Guerre mondiale. Fruit de la grande mésentente franco-allemande, l’Orient-Express prit un autre parcours dès avril 1919 via le nouveau tunnel du Simplon percé entre la Suisse et l’Italie, et évitait totalement l’Allemagne et l’Autriche. Il prend alors le nom de « Simplon-Orient-Express » pour rejoindre Constantinople en moins de deux jours et demi via Lausanne, Milan, Venise, Belgrade et Sofia. En 1924, un troisième tracé met en route un train appelé « Suisse-Arlberg-Vienne-Express » relie Paris à Vienne via Zurich et Innsbruck, dans le but d’éviter l’Allemagne.

Après la Seconde guerre mondiale, l’Orient-Express devait faire face à un tout autre paysage socio-politique, marqué par le Rideau de Fer et une clientèle de travailleurs migrants fuyant la misère de la Méditerranée. La Belle Époque est clairement terminée, les voitures-lits sont vieillotes et le restaurant absent. La « Compagnie internationale des wagons-lits » sentit le vent tourner et décida de vendre son matériel roulant.

Aujourd’hui un train de croisière

En 1977, cinq voitures de l’Orient-Express complètement rénovées étaient vendues aux enchères à Monaco, dont deux sont acquises par l’anglais James Sherwood. En 1982, il relance une fois par semaine le Venise-Simplon-Orient-Express (VSOE) entre Calais, Paris-Est et Venise via Innsbruck, sous forme d’un charter de luxe. Succès immédiat, mais il s’agit bien du « VSOE », car la marque « Orient-Express », qui est à l’origine de l’apparition de produits dérivés, est la propriété de la SNCF, depuis 1977. Le fameux train dont on parle souvent dans la presse, le VSOE, est aujourd’hui propriété du groupe de luxe Belmond. Le véritable Orient-Express, lui, est celui dont on pourra admirer quelques voitures au Train World jusqu’au printemps prochain.

Auteur: Frédéric de Kemmeter