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Le service Mons-Aulnoye disparaîtrait en décembre prochain

Photo : Mediarail.be / Frédéric de Kemmeter

Que c’est difficile de passer de simples frontières en train ! Le très maigre service Mons-Aulnoye serait supprimé au nouveau service horaire de décembre prochain.

Ce sont nos confrères de La Dernière Heure qui l’annonçaient en début de mois. La liaison « internationale » entre Mons et Aulnoye, en France, disparaîtrait à nouveau.

Jusqu’ici, en dehors des liaisons Thalys et TGV Inoui, il n’y a que 4 possibilités de rejoindre la France en train :

  • Anvers-Mouscron-Lille;
  • Tournai-Lille;
  • Mons-Aulnoye;
  • Namur-Charleroi-Maubeuge.

On constate que la totalité de ces liaisons concernent le Hainaut et sa région voisinne, les Hauts de France. Il n’y a rien plus à l’Est, dans le bassin de la Meuse et du côté des Ardennes luxembourgeoises.

Pour accéder au territoire français électrifié en 25kV, la SNCB dispose d’automotrices AM96 datant des années 90 dont une partie est apte à circuler sous cette tension, la tension belge étant de 3kV continu. C’est ce type de train que l’on rencontre sur les quatre liaisons transfrontalières, bien que la SNCF mette aussi ses automoteurs bimode AGC sur la liaison Lille-Tournai.

Jadis

La liaison Mons-Aulnoye a une histoire profonde. Cette liaison fut ouverte en 1857 et permit de prolonger la ligne de Bruxelles à Mons ouverte par les Chemins de fer de l’État belge en 1840 et 1841, vers Paris.

Cette ligne passe par Aulnoye-Aymeries, petite bourgade française de 8.900 habitants, mais qui demeure un carrefour ferroviaire important car de cette gare bifurque une autre ligne, vers Maubeuge, Erquelinnes et Charleroi.

Sur 150 années d’existence, les liaisons entre Mons et Aulnoye-Aymeries n’ont pu être possibles que par le fort trafic international entre Bruxelles et Paris, bien que plusieurs Trans Europ Express ne s’arrêtaient pas toujours dans les deux gares.

La gestion des tickets devait se faire sous les règles de la CIV, la convention internationale voyageur, et n’avait rien de la politique ferroviaire régionale.

En juin 1996, l’arrivée du Thalys mettait un terme à ces liaisons transfrontalières, bien qu’une liaison Thalys Mons-Paris subsista jusqu’en 2015, mais ne passant plus par Aulnoye. La SNCB a certe continué – et continue d’ailleurs toujours -, de desservir la partie belge, mais jusqu’à Quévy. La SNCF, elle, fait encore circuler des TER (Train Express Régional) entre Maubeuge, Aulnoye et Paris-Nord.

Il subsiste donc un hiatus d’une dizaine de kilomètres entre Quévy et Aulnoye-Aymeries, sans trafic voyageur. Plusieurs tentatives ont été mises en place dès 1996 mais toutes ne firent jamais long feu.

Relance

Fin 2018, une énième tentative de relance était opérée entre Mons et Aulnoye d’une part, ainsi qu’entre Namur-Charleroi et Maubeuge, d’autre part.

Il s’agissait de répondre à la polémique sur la suppression, en 2015, du Thalys au départ de Namur, Charleroi et Mons. L’idée était que les candidats voyageurs wallons puissent éviter le détour par Bruxelles et rallier plutôt un TER français vers Paris.

Ces nouvelles liaisons offraient une alternative moins chère et plus rapide pour les Montois qui pouvaient rejoindre Paris en 2h30 au lieu de 3h avec le Thalys. Deux allers-retours par jour, tôt le matin et en soirée, étaient proposés.

Il semblerait que le public ne fut pas au rendez-vous. Une fois de plus, cette relation était gérée à l’international avec des tarifs peu attractifs pour un si petit parcours, combiné à un manque flagrant de publicité. Dès décembre prochain, il y aura de nouveau un hiatus ferroviaire entre les deux pays.

À quelques kilomètres de Quévy et Aulnoye, l’autoroute E19 Bruxelles-Mons-Paris semble si éloignée de ces problèmes marketing et laisse transiter des milliers de personnes par jour…

Auteur: Frédéric de Kemmeter