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À l’avenir, moins de déplacements mais des voyages utiles et durables

Publiés le 7 décembre, les travaux du cabinet Roland Berger prévoient par exemple une baisse de 12 % des déplacements professionnels en Europe par rapport à l’ère pré-Covid. 

La crise du Covid a mis un coup d’arrêt à l’augmentation de la demande. Elle a provoqué non seulement une crise sanitaire, mais aussi une grave récession économique. Il en a résulté un effondrement de la demande, avec une baisse mondiale de 66 % des voyages aériens en 2020 par rapport à 2019, de 31 % des voyages routiers et de 29 % des voyages ferroviaires.

Rattrapage

Comme les voyageurs ont été contraints de rester chez eux pendant la majeure partie des 18 derniers mois, on peut s’attendre à une hausse à court terme de la demande, car les gens rattrapent leurs voyages, notamment pour rendre visite à leurs amis et à leur famille.

D’après le bureau de conseil, si une reprise est en cours en 2021, la demande, tous modes confondus, est encore loin des niveaux de 2019. Les graphiques montrent un rattrapage seulement en 2026 pour autant que l’on enregistre une reprise continue de la fréquentation des transports.

D’autres modes de fonctionnement des entreprises

Cette libération de la demande refoulée s’applique également aux voyages d’affaires, mais dans une moindre mesure. Sur ce segment, explique Roland Berger, les restrictions Covid-19 ont obligé les entreprises à modifier leurs politiques en la matière.

En outre, l’effort mondial de réduction des émissions de carbone met beaucoup plus l’accent sur la durabilité. La pression exercée par les gouvernements, les clients, les investisseurs et les employés oblige les entreprises à assainir leurs pratiques, en particulier celles du secteur des voyages.

Les organisations ont donc de plus en plus adopté la vidéoconférence, dématérialisant ainsi de multiples activités économiques, éducatives et civiques.

Cela a conduit à une réduction des budgets de voyage et à des efforts pour améliorer l’efficacité du travail. Par exemple, la banque HSBC estime que ses frais de voyage seront « environ divisés par deux « 2 à l’avenir, tandis que certaines entreprises interdisent généralement les voyages en avion entre certaines destinations pour les réunions internes et encouragent plutôt l’utilisation du train.

Le voyage utile et durable

Un autre facteur qui influe sur les voyages privés et professionnels est le désir des clients de minimiser le temps passé à voyager en optant pour le mode de transport offrant le temps de trajet porte-à-porte le plus court. Cette évolution de la part modale fait suite à un changement d’orientation de la Covid-19 qui a vu les gens délaisser les transports en commun au profit de modes de déplacement privés, comme la voiture, pendant la pandémie.

L’Europe, en particulier, s’apprête à devenir un leader mondial de la mobilité longue distance à émissions nulles. Dans le cadre de son objectif de réduction des émissions nettes de 55 % d’ici 2030 et de neutralité carbone d’ici 2050, la Commission européenne a mis en œuvre de nombreuses réglementations spécifiques à l’aviation. Elle a notamment renforcé son système d’échange de quotas d’émission afin de garantir que toutes les compagnies aériennes opérant en Europe ou à partir de l’Europe surveillent, déclarent et vérifient leurs émissions de CO2.

Une opportunité pour le rail

Mais il n’y a pas que le verdissement de l’aérien ou de la route. Des investissements et des subventions publiques sont injectés dans le secteur ferroviaire en Europe, souvent pour financer des trains à grande vitesse mais aussi pour améliorer les infrastructures, indispensables au bon fonctionnement des trains et à la fluidité du trafic.

Le rail devrait bénéficier des réglementations en matière de durabilité, telles que l’interdiction des vols intérieurs court-courriers, ainsi que des préoccupations croissantes des consommateurs en matière d’environnement.

Toutefois, Roland Berger met en garde : la forte baisse de la demande de transport aérien due à la tendance au développement durable (-9 %) pourrait être atténuée à moyen et long terme par le développement de technologies aériennes plus écologiques.

Auteur: Frédéric de Kemmeter