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Le transport public londonien durement touché par la pandémie

Transport for London (TfL), fait face à la plus grave crise financière de son histoire.

Transport for London (TfL) est l’organisme public local responsable des transports en commun de la ville de Londres et du Grand Londres. Environ 44 % des ménages londoniens ne possèdent pas de voiture, ce qui crée une dépendance à l’égard du réseau TfL.

Avant la pandémie, TfL indiquait encore que son déficit d’exploitation annuel était passé de 1,8 milliard d’euros en 2015-16 à 359 millions d’euros en 2019-20 et qu’il était en passe d’obtenir un excédent d’ici 2022-23.

La pandémie qui dévaste tout

Mais voilà, la pandémie a frappé. Du jour au lendemain, le nombre d’utilisateurs a chuté de 95 % et n’a plus retrouvé les plafonds de 2019. Les chiffres du transport public londonien publiés par le DfT le 7 décembre montrent que le 29 novembre, par exemple, le taux d’utilisation était de 58 % par rapport au nombre de voyageurs avant la pandémie. Les chiffres du week-end restent un plus élevés, le 30 octobre 2021 ayant par exemple enregistré un taux de 87% par rapport au trafic de 2019.

Ces chiffres restent encore inférieurs aux hypothèses prévues au budget. Le gouvernement britannique avait jusqu’à présent fourni 5,39 milliards d’euros pour maintenir les trains en service, avec des accords de financement précédents qui portaient sur des périodes de six mois.

Le dernier accord financier à long terme est entré en vigueur le 29 mai 2021 et a expiré le 11 décembre. Depuis lors, il y a eu de courtes prolongations qui ont expiré le 18 décembre, le 11 et le 18 février.

Mais la poursuite de ce financement sans précédent est devenue une question litigieuse et la lutte entre le gouvernement, TfL et le maire de Londres est intense. Les négociations se poursuivent en vue d’un financement à long terme pour Transport for London (TfL) après que le gouvernement britannique ait encore prolongé de sept jours le dernier accord de financement, jusqu’au 25 février 2022. C’est à dire en fin de cette semaine !

Couverture des coûts et modifications de dessertes

Dans la grande tradition anglo-saxonne, le transport public londonien est tenu de couvrir une partie des ses coûts. 72 % de ses revenus proviennent des tarifs de plusieurs sources, dont le London Underground, le London Overground, le Docklands Light Railway, TfL Rail, les London Buses et Croydon Tramlink.

Le secrétaire d’Etat aux transports, M. Grant Shapps, a déclaré que le gouvernement reconnaissait la dépendance du réseau de transport de la capitale vis-à-vis des recettes tarifaires, et reconnaissait également que la demande était « volatile. »

Le patron de l’un des opérateurs gérés par TfL, Andy Lord de London Underground, constate que l’essentiel de la croissance se situerait maintenant en dehors des heures de pointe traditionnelles. « Cela signifie qu’il est probable qu’il y ait une adaptation de la structure de service existante. Par exemple, si actuellement 32 rames de métro par heure circulent pendant deux ou trois heures le matin, on pourrait passer à 30 trains par heure pendant quatre ou cinq heures, » explique-t-il.

Il ajoute que des discussions doivent également avoir lieu avec le monde des affaires, le secteur du commerce de détail, les arts et les loisirs pour encourager les gens à revenir à Londres.

Un plan de viabilité

Le 11 janvier dernier, TfL soumettait un plan élaboré à la demande des ministres du gouvernement. Il définit une stratégie qui permettrait à TfL de couvrir les coûts de ses opérations quotidiennes, de sa maintenance et de son financement d’ici 2023-24, même si des investissements majeurs nécessiteraient toujours le soutien du gouvernement.

Le rapport de TfL comprend des projections de la demande de transports publics à moyen et à long terme, et le scénario « hybride » le plus probable postule que la demande ferroviaire en 2024 sera encore inférieure de 15 % à ce qu’elle était en 2016, mais qu’en 2031, elle se rétablirait à… 1% au-dessus de 2016. L’espoir fait vivre…

Auteur: Frédéric de Kemmeter