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En Chine, le plus grand réseau de trains à grande vitesse

ANALYSE – En quinze ans, la Chine a construit le premier réseau de train à grande vitesse au monde totalisant 37 900 km de lignes. Un développement au prix malgré tout d’une dette astronomique.

« Aujourd’hui, je fais 120.000 km par an en train à grande vitesse, je ne prends même plus l’avion dans le pays ! » explique David Feng au magazine The Good Life. C’est le signe d’un basculement du transport des personnes dans ce pays immense.

Jadis, des trains lents et souvent inconfortables parcouraient ce vaste pays, avec des vitesses moyennes si faibles que des trajets tels que Shanghai-Pékin se révélait être un test d’endurance pour voyager.

Le projet de la grande vitesse en Chine a émergé dans les années 80 mais dans les années 90, le ministère chinois du Rail choisissait d’augmenter progressivement la vitesse des lignes existantes plutôt que de se lancer dans un projet de ligne nouvelle.

Un projet par étapes

Il y eu trois étapes : d’abord, dans les années 90, l’exploration, puis différentes phases d’accélération du réseau.

À l’aube des années 2000, la Chine possèdait des sections de lignes aptes à 200km/h. En 2004, un plan était proposé par la Commission du Développement et de la Réforme et prposait des axes couvrent une longueur de 12.000 km, certaines voies étant prévues pour une exploitation commerciale à 250 km/h et d’autres à 350 km/h.

Les autorités décident en seconde étape de faire appel à des technologies étrangères pour accélérer le processus : le français Alstom, l’allemand Siemens, le canadien Bombardier et le japonais Kawazaki vendent des trains, des brevets, et multiplient les coentreprises sur le territoire chinois pour tenter d’obtenir une part de ce gigantesque gâteau.

Puis vînt la troisième étape, après 2008, avec une phase de digestion de ces technologies importées et d’innovation, et le développement en Chine du train Harmonie, qui atteignait les 350 km/h. Grâce à leurs technologies, les Chinois peuvent déposer des brevets qui leur permettront d’exporter leur savoir- faire, englobant vente de trains et construction de lignes.

Le réseau

Le maillage de 2004, révisé en 2008, se composait de 8 couloirs à grande vitesse, 4 nord-sud et 4 est-ouest. La ligne Wuhan-Guangzhou (Wuguang PDL), inauguré le 26 décembre 2009, peut être considérée comme étant la première ligne ferroviaire à grande vitesse interrégionale du pays, offrant une longueur totale de 968 km pour des trains jusqu’à 350 km/h.

La ligne Pékin-Shanghai, la deuxième grande ligne interrégionale, était ouverte en juin 2011 et fut la première ligne conçue pour une vitesse maximale de 380 km/h en service commercial. Ouverte fin 2012, la ligne Pékin-Guangzhou est la plus longue ligne à grande vitesse du monde, avec ses 2.300 km et ses huit heures nécessaires pour la parcourir en totalité.

Le réseau depuis lors s’est développé à une vitesse fulgurante. Près de 18.000km ont été construits au cours des cinq dernières années seulement.

À la fin de 2020, China National Railways exploitait plus de 9.600 rames à grande vitesse par jour, y compris les des services de nuit à grande vitesse, les seuls au monde à ce jour, sur des itinéraires sélectionnés à plus longue distance.

Sur certains itinéraires, plus de 80% de la voie est surélevée, planant au-dessus de villes densément peuplées et de terres agricoles précieuses sur des viaducs en béton sans fin. Tout cela sans compter la construction de gares nouvelles dotées d’une architecture grandiose.

Non contente de ses résultats, malgré un endettement très important, la Chine compte maintenant se lancer dans la sustentation magnétique, au travers du train Maglev dont elle tente de repousser les limites techniques.

Auteur: Frédéric de Kemmeter