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La SNCB face à de grosses factures d’électricité

La facture énergétique (électricité, gaz et pétrole) de la SNCB devrait être supérieure de 100 millions d’euros cette année à celle de 2020

Ce sont nos confrères du Standaard qui le relataient vendredi. La flambée des prix de l’énergie a un impact majeur sur la compagnie ferroviaire. La facture énergétique (électricité, gaz et pétrole) de la SNCB pourrait en effet être supérieure de 100 millions d’euros cette année par rapport à 2020.

En dépit du fait que la SNCB roule du plus en plus « vert » , au sens où la traction diesel est devenue minoritaire, l’électricité – considérée justement comme énergie verte -, est devenue extrêmement chère. Le journal français Le Monde explique que les prix de gros de l’électricité pour 2023 en Allemagne et en France ont battu des records, vendredi 26 août, à respectivement 850 euros et plus de 1.000 euros le mégawattheure (MWh). Il y a un an, les prix étaient, pour ces deux pays, d’environ 85 euros le mégawattheure !

La semaine dernière aussi, la puissante administration suisse des transports, l’OFT, qui n’est pas du genre à faire du catastrophisme, mettait en garde la Suisse pour un hiver avec d’éventuelles suppressions de trains, bien qu’aucunes mesures ne soient prises en ce sens pour le moment. Une task force a tout de même été mise sur pied avec les CFF.

Les prix de l’électricité ont suivi l’évolution des autres matières premières (telles que le gaz et le charbon) et ont augmenté en fonction de l’accroissement de la demande depuis la reprise de l’activité économique après la pandémie.

Une consommation importante

Il y a deux types d’achats d’électricité. D’abord des contrats à long terme, dont le prix est négocié jusqu’à plusieurs années à l’avance, et qui représentent 75% des achats d’énergie. Et ensuite les 25% restants qui sont achetés sur le marché au comptant, avec des prix approchant comme on l’a dit les 1.000 euros le mégawattheure au lieu des 80 il y a un an.

La consommation complète du rail, SNCB + Infrabel, atteignait en 2020 les 969 GWh pour faire rouler les trains (à 79,4 millions d’euros), et 115 GWh pour les installations fixes, comme les gares et les immeubles de bureaux.

Des surcoûts importants

Dès l’instant où les prix de l’électricité ne cessent d’augmenter, la facture grimpe forcément. Cette facture est d’autant plus doulureuse que la SNCB ne s’est toujours pas remise de l’impact de la crise sanitaire. En semaine, il y a encore 10 % de voyageurs en moins que 2019. Par ailleurs, il lui a été imposé un gel des tarifs de sorte que les revenus de la société se tarissent là aussi.

L’opérateur historique doit donc faire face, comme beaucoup de ces confrères en Europe, à des surcoûts importants.

Des solutions ?

La SNCB pourrait obtenir quelque chose de sa propre production d’électricité verte, notamment les plus de 20 000 panneaux solaires qui produisent déjà 6 GWh d’électricité par an. Mais cela ne couvre hélas que moins de 1 % de la consommation électrique totale et seulement cinq gares disposent de panneaux solaires. On est donc très loin de l’autonomie énergétique.

D’autres mesures visent les actifs qui consomment, comme l’éclairage LED qui remplaceé de plus en plus l’éclairage classique des gares et des ateliers. Une formation des conducteurs est aussi distillée afin de conduire de manière plus économique, avec par exemple une meilleure anticipation quand à accélérer ou ralentir.

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Auteur: Frédéric de Kemmeter