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Une rentrée tendue pour De Lijn, particulièrement à Anvers

Photo : Mediarail.be / Frédéric de Kemmeter

La société flamande De Lijn revient à son horaire habituel, non sans quelques sérieuses difficultés.

Comme ses consoeurs STIB (Bruxelles) et TEC en Wallonie, De Lijn fait sa rentrée avec l’horaire habituel pour les bus et les trams dans toute la Flandre. Les navetteurs et habitués du transporteur public vont cependant devoir subir des ajustements plus structurels que la fin des vacances d’été.

De Lijn doit en effet faire face à des problèmes que l’on rencontre chez tous les transporteurs : le manque de chauffeurs. Depuis quelque temps, De Lijn est confronté à une pénurie de chauffeurs à Anvers, mais aussi dans d’autres villes. Mais la situation serait plus alarmante à Anvers, dit-on, en raison de l’énorme concurrence sur le marché du travail local.

Cette ville de 400.000 habitants doit compter en effet sur un marché de l’emploi à la fois dynamique (en quantité), mais sérieusement tendu. Comme partout en Europe, durant la pandémie, certains sont allés voir ailleurs. D’autre part, le port d’Anvers a lui aussi un grand besoin de chauffeurs,  ce qui met la recherche de nouveaux conducteurs pour De Lijn sous une pression extrême.

Le recrutement de De Lijn bat son plein. Cet été, une nouvelle campagne de recrutement a été lancée. Actuellement, il y a déjà 144 candidats dans le processus de recrutement. Plusieurs candidats ont également déjà commencé leur formation et les formations battent leur plein.

Des ajustements structurels à Anvers

En raison de la pénurie actuelle de chauffeurs, les horaires de services à Anvers doivent – temporairement dit-on -, subir des ajustements structurels sur un certain nombre de lignes à partir du 1er septembre. Ceux-ci doivent permettre de pallier le manque de personnel et améliorer la fiabilité. Ces ajustements s’appliquent notamment à la ligne de bus 36 et à la ligne de tram 12.

Les annulations seront annoncées en temps réel sur les panneaux en temps réel, dans l’application et dans le planificateur d’itinéraire. Aux arrêts, un code QR peut être scanné pour obtenir des informations en temps réel. Les informations sont mises à jour toutes les 15 secondes. De Lijn a également lancé un numéro 0800 par lequel les passagers peuvent appeler ce numéro pour toutes leurs questions concernant l’arrivée de leur tram et/ou bus à un arrêt spécifique.

Pression financière aussi

Selon la presse néerlandophone de juin dernier, 35 % des voyageurs qui ont abandonné De Lijn durant la pandémie ne sont toujours pas revenus aujourd’hui. La directrice générale Ann Schoubs attribue cette situation au travail à domicile, à la popularité du vélo et, en partie, à la « stigmatisation » des transports publics, notamment l’obligation du port du masque qu’on en retrouve pas dans les autres transports concurrents. Une obligation heureusement tombée à la fin du printemps, mais qui n’a pas embellit pour autant les trafics et les finances de la société publique.

Mais les temps changent. Dans le cadre du contrat de service public, le budget d’investissement de De Lijn devrait passer de 120 millions d’euros par an à une moyenne de plus de 260 millions d’euros par an dans les prochaines années.

Dans le même temps, la société de transport pourra dorénavant définir son offre de manière plus flexible, mais pourra aussi – et c’est une petite révolution -, déterminer elle-même les prix des tickets de tram et de bus. Jusqu’ici, chaque modification de la tarification devait être soumise au gouvernement flamand. Les tarifs sociaux sont cependant non-modifiables sans accord de la tutelle.

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Auteur: Frédéric de Kemmeter