Trenitalia va exploiter des Paris-Milan

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La pandémie ne semble pas avoir freiné les projets et les concrétisations. Début octobre, les TGV de Trenitalia devraient fréquenter Paris.

Cela faisait longtemps que des projets étaient dans l’air. La volonté de Trenitalia de venir en France a pris une accélération cette année même. Si Trenitalia était déjà présent en France depuis 2012 via la filiale Thello, il n’y avait pas jusqu’ici de projet de train à grande vitesse. C’est désormais chose faite.

Comme on le sait, l’entreprise Thello, qui exploitait un train de nuit Venise-Paris et une poignée de train de jour Milan-Gènes-Nice, mettait fin à toutes ses opérations en juin dernier. Pour autant, Thello n’a pas disparu des registres d’entreprises et commençait même dès le printemps à… embaucher en France. L’entreprise recherchait – et recherche toujours -, des conducteurs de trains basés à Paris et à Lyon. Et en juin dernier, l’European Railway Agency (ERA) mentionnait que les trains Zefiro de Hitachi-Rail (anciennement Bombardier), recevaient l’approbation pour circuler en France.

L’objectif de l’opérateur étatique italien : exploiter 3 allers-retours à grande vitesse entre Milan et Paris, en open access et sous la marque Thello. Pour cela, Trenitalia aligne donc son meilleur train : une poignée de Zefiro Frecciarossa aptes à la France, muni du KVB et de la nécessaire TVM pour circuler sur ligne à grande vitesse. Hier dimanche, une marche à blanc était organisée avec succès, comme s’en félicite le directeur général de Thello sur LinkedIn :

Thello-France

Le début des prestations parisiennes seraient prévus début octobre, avec dans un premier temps deux allers-retours. Les Frecciarossa quitteraient la grande vitesse à Lyon pour monter jusqu’à Modane puis redescendre sur Turin. Mais à l’inverse des TGV de la SNCF qui font le même trajet, les Frecciarossa de Thello pourront emprunter la ligne à grande vitesse Turin-Novara-Milan, gagnant ainsi de précieuses minutes. D’autre part, la destination finale serait bien Milan-Central, et non la gare de Porta Garibaldi comme pour les TGV de la SNCF. Par ailleurs, le régime dérogatoire dont bénéficie la SNCF avec ses TGV tricourant sur le sol italien serait susceptible de prendre fin.

En tout état de cause, il s’agirait de la première concurrence à grande vitesse en France, alors qu’elle déjà d’application depuis avril 2012 en Italie et depuis le 10 mai dernier en Espagne.

Trenitalia se répand en Europe

Il est intéressant de rappeler qu’en son temps, un certificat avait déjà été acquis par Thello en Belgique, pour un hypothétique service concurrentiel Paris-Bruxelles. On n’a plus vraiment de nouvelles de ce projet, ni du certificat. Mais cette ‘remontada’ de Trenitalia/Thello sur Paris pourrait annoncer de nouveaux projets à venir.

C’est que l’opérateur italien fait feu de tout bois. Depuis 2019, c’est en consortium avec First Group que Trenitalia a repris à Virgin le service Londres-Glasgow, en le rebaptisant Avanti, avec apparemment un succès certain. Le même consortium aurait aussi reçu un contrat pour assurer les 5 première années du futur TGV HS2 entre Londres et Birmingham, dont la ligne est actuellement en cours de construction.

Trenitalia est aussi en consortium en Espagne pour exploiter le lot 2 de la libéralisation espagnole, sous la marque Ilsa. Deux rames Zefiro sont en route pour l’homologation en terres ibériques. Le service réel serait prévu pour fin 2022, face à l’opérateur Renfe et à… la SNCF, déjà présente sur place avec son Ouigo Espana.

Enfin il est aussi bon de rappeler que c’est Trenitalia qui est actionnaire à 100% de l’opérateur grec TrainOSE.

Auteur: Frédéric de Kemmeter