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Le Frecciarossa relie dorénavant Milan à Paris

Trenitalia relie dorénavant Milan à Paris. C’est une première en France où jusqu’ici, aucun concurrent n’était venu s’installer sur les terres de la SNCF.

Cette fois c’est pour de bon. Le samedi 18 décembre, à 7 h 26, un TGV autre que celui de la SNCF s’élançait entre Paris et Milan. Un autre faisait le parcours inverse au départ de Milan. La Frecciarossa (qui signifie « flèche rouge ») est le TGV de l’opérateur historique italien Trenitalia.

Un projet de longue date

On se souvient que c’est via feu sa filiale Thello que Trenitalia avait déposé des demandes de certificats de circulation, notamment en Belgique auprès d’Infrabel, pour une possible exploitation par grande vitesse entre Paris et Bruxelles. Intentions restées lettre morte jusque-là.

En juin 2019 cependant, l’apparition sur le sol français d’une rame Zefiro Frecciarossa 1000 pouvait laisser penser que des choses commençaient à se préciser. La pandémie cependant jouait à nouveau un vilain tour et reportait toute forme de démarrage commercial.

Le 30 juin 2021, les Frecciarossa 1000, des rames construites par Bombardier et repris par Hitach-Rail, recevaient leur homologation de l’ERA, l’European Railway Agency, uniquement sur l’axe Modane-Lyon-Paris, avec l’emprunt d’une LGV française encore dotée de la TVM.

Difficile cohabitation technique

La LGV Sud-Est a comme particularité d’être encore dotée du système de signalisation TVM300 sur le parcours Paris-Lyon, dont les équipements de bord ne sont plus construits par Alstom, seul fournisseur. La TVM300 est de nos jours obsolète, reposant sur une technologie analogique. Mais obtenir ces équipements pour équiper les 5 rames Frecciarossa homologuées pour la France ne fut pas de tout repos.

En Italie, les Frecciarossa peuvent emprunter la LGV Turin-Novara-Milan équipée de l’ERTMS, ce qui n’est pas le cas des TGV SNCF Réseau non-équipés de l’ETCS à bord.

Jusqu’au bout, Trenitalia maintint le suspense quant à la date d’exploitation. Jusque-là, on croyait encore au retour de Thello, entreprise toujours active en France. Mais le 6 octobre 2021, un communiqué de presse annonçait que Thello devenait Trenitalia-France.

Le 10 décembre 2021, l’opérateur italien annonçait le lancement de deux allers-retours quotidiens pour le 18 du même mois. Les ventes débutaient le 13 décembre, soit à peine 6 jours avant le départ.

Un service différent de celui de la SNCF

Frecciarossa se distingue des TGV inOui et Ouigo par une offre et des niveaux de confort inédits. Il faut savoir que le côté révolutionnaire de cette arrivée italienne réside dans la vente par Trenitalia de billets Paris-Lyon.

Trenitalia est le seul opérateur en Europe à proposer quatre classes, dont une « executive » comportant des sièges en cuir inclinables et avec un service non-stop de gastronomie italienne. A 139 euros la place entre Paris et Lyon, ce confort surpasse la nouvelle « business première » de la SNCF et ses 142 euros avec un siège classique de première et une simple collation.

Dans les médias italiens, Luigi Corradi, directeur général de Trenitalia, indiquait que plus de 30.000 billets avaient déjà été vendus, avec des réservations s’étendant jusqu’en avril 2022.

Chose intéressante, expliquait Corradi, c’est « qu’une semaine après l’ouverture de la billetterie, nous avons vendu des billets pour environ 1,5 million d’euros. 50% italiens et 50% français. Si cela continue, nous devrons augmenter le nombre de trains. »

Á la question des billets à 29€, Luigi Corradi rappelait d’emblée que « ce sont des tarifs promotionnels (…) Nous ne voulons pas être un opérateur agressif à l’étranger ni devenir une compagnie low cost. Nous avons lancé de nombreuses offres à 20 euros pour essayer le service, avec les quatre classes comme en Italie avec le Standard, le Premium, le Business et l’Executive. »

Auteur: Frédéric de Kemmeter